EXCLUSIF. Un détenu de 65 ans grièvement brûlé, un deuxième blessé à la tête et leur codétenu sous le choc : une scène d’une extrême violence s’est déroulée le 20 août dans une cellule de la maison d’arrêt de Seysses, au sud de Toulouse. Une chaussette remplie de verre pilé aurait été utilisée comme arme avant qu’un incendie ne soit volontairement allumé. Deux hommes viennent d’être placés en garde à vue par les gendarmes de la brigade de recherches de Muret. Parmi eux figure le beau-père d’Emilio, 14 ans, mis en examen pour le meurtre de l’adolescent dans les Pyrénées-Orientales en 2024.
Une chaussette remplie de verre pilé, des coups puis des flammes. Le 20 août 2026, peu après 19 heures, une violente bagarre éclate entre plusieurs détenus à l’intérieur de la cellule 1110 de la maison d’arrêt de Seysses. L’affrontement fait plusieurs blessés et mobilise une douzaine d’agents pénitentiaires.
Verre pilé et flammes
Le nouvel arrivant, un homme de 42 ans à peine installé sur un lit de fortune, se serait montré particulièrement agressif envers son codétenu le plus âgé, âgé de 65 ans. Selon le récit du troisième occupant de la cellule, témoin direct de la scène, le quadragénaire aurait copieusement insulté le sexagénaire, employant notamment les termes de « pointeur » et de « violeur ».
Il se serait ensuite rué sur le sexagénaire, installé sur son lit, avant de tenter de l’étrangler. La suite demeure confuse. Mais la violence de l’affrontement ne fait aucun doute. Une chaussette remplie de verre pilé aurait notamment été utilisée comme arme. Puis un incendie a été volontairement allumé par l’un des protagonistes. Les flammes se sont rapidement propagées à l’ensemble de la cellule.
Les sapeurs-pompiers ont dû intervenir à l’intérieur de la détention. « Douze agents pénitentiaires ont participé à cette opération. Cela a mis en danger nos personnels », dénonce David, responsable du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS).
Un détenu grièvement brûlé
Le prisonnier de 65 ans a été grièvement brûlé au cours de l’incendie. Il se trouve toujours hospitalisé. « Il présente d’importantes lésions. Le pronostic vital n’est toutefois pas engagé », précise le procureur de la République.
Un deuxième détenu a été blessé à la tête tandis que le troisième occupant de la cellule, physiquement indemne, se trouve sous le choc. Les enquêteurs doivent désormais déterminer le rôle précis de chacun dans cette scène et identifier l’auteur de l’incendie.
Neuf mètres carrés
À cette période, deux hommes mis en examen pour des viols sur mineurs partagent cette cellule d’environ 9 m². Un nouvel arrivant vient alors prendre ses quartiers dans cet espace déjà très réduit.
Il s’agit d’un détenu de 42 ans dont l’avocate estime qu’il nécessite une prise en charge psychiatrique. Cet homme, défendu par Me Sarah Nabet-Claverie, doit prochainement comparaître devant la cour d’assises. Il est soupçonné d’avoir tué Emilio, le fils de sa compagne âgé de 14 ans, à Alénya, dans les Pyrénées-Orientales, en 2024.
« Peu après 19 heures, le 20 août, une énorme bagarre s’est déclenchée dans la cellule 1110 », confie un membre du SPS.
Après les faits, le détenu de 42 ans a été immédiatement placé à l’isolement. Il en a été extrait ce mardi 1er septembre afin d’être interrogé par les gendarmes de la brigade de recherches de la compagnie de Muret. Le quadragénaire et le troisième occupant de la cellule ont tous deux été placés en garde à vue.
Des versions opposées
Leurs versions apparaissent, à ce stade, totalement opposées. Les enquêteurs tentent notamment de reconstituer l’enchaînement exact des violences dans cette cellule.
« Mon client nécessite des soins psychiatriques. J’ai demandé qu’une expertise soit réalisée au plus vite », indique Me Sarah Nabet-Claverie. L’avocate n’a pas souhaité commenter le fond du dossier.
Pour les surveillants, cet épisode relance la question de la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques. « On gère de plus en plus de prévenus instables. Il faudrait des lieux pour eux, avec du personnel formé. Ils n’ont rien à faire dans une détention ordinaire. Nous n’avons pas la formation pour ça », estime David, le représentant du SPS.
Les enquêteurs doivent encore déterminer qui a porté les coups, qui a utilisé la chaussette remplie de verre pilé et qui a déclenché l’incendie. Aucune orientation procédurale n’a encore été arrêtée.















