Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a écarté ce jeudi l’option d’une nationalisation, même temporaire, de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence, basée à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), au lendemain d’un appel en ce sens de la région Occitanie.
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga (PS), avait demandé ce mercredi « une nationalisation temporaire de Fibre Excellence, une prise de participation de l’État, pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former », faute de solution immédiate de reprise de l’usine. « La nationalisation, je ne suis pas sûr que ce soit la solution la plus pertinente », a réagi le ministre sur France 2, ajoutant que « temporaire, ça ne veut rien dire ».
Le gouvernement prêt à se « mettre autour de la table »
La région, qui a déjà attiré, par le biais de l’Agence régionale des investissements stratégiques (ARIS), un groupe alsacien, la Soprema, pour constituer un « projet de consortium » destiné à redémarrer l’usine de Saint-Gaudens, demande une participation de l’État d’un montant de 15 millions d’euros « le temps qu’un industriel puisse se substituer aux acteurs publics ».
Le ministre a indiqué chercher « depuis janvier » des repreneurs : « la Région s’est mise à chercher des repreneurs cet été, mais finalement, elle a contacté les mêmes que ceux que j’avais contactés au mois de mai, avec les mêmes résultats », a-t-il ajouté, se disant prêt à se « mettre autour de la table » pour évoquer l’avenir du site.
Il répondait aux griefs formulés la veille par Carole Delga, sur l’absence, selon elle, de « mobilisation du gouvernement » dans ce dossier. « J’ai l’expérience de ce que c’est qu’un territoire qui subit un accident industriel », a ajouté Sébastien Martin, assurant qu’« on peut toujours rebondir », en prenant l’exemple de sa circonscription de Chalon-sur-Saône où « neuf usines sont sorties de terre », quelques années après la fermeture de l’usine Kodak, qui avait laissé « 2 500 personnes sur le carreau ».
Propriété du papetier indonésien Jackson Wijaya, la société Fibre Excellence, dernier producteur français de pâte à papier, a été placée en redressement judiciaire en avril. Ses deux usines, à Saint-Gaudens et Tarascon (Bouches-du-Rhône), ont été mises à l’arrêt. Le 29 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire du site de Tarascon, qui employait 270 personnes. Le sort de l’usine de Saint-Gaudens, comptant 270 salariés également, doit être examiné le 8 septembre par le tribunal de commerce.















