Le salon Auto-Moto Classic, c’est ce week-end des 4, 5 et 6 septembre au MEETT. Le dimanche, une vente aux enchères de 26 véhicules de collection est organisée. Pour les professionnels du secteur, le marché continue de séduire une clientèle de plus en plus jeune, mais des modèles plus anciens connaissent un net coup de frein. On vous explique la tendance qui se dégage.
Une Jaguar Type E, une Vespa ou encore une Porsche 924… Ce dimanche 6 septembre à 15 h, 26 véhicules de collection seront vendus aux enchères à l’occasion du salon Auto-Moto Classic. Le marché des voitures de collection apparaît toutefois contrasté. Si les modèles d’il y a 30 ans remplissent les carnets de commandes des restaurateurs de véhicules toulousains, ce n’est pas le même constat pour les modèles plus anciens.
Les « youngtimers » sur le devant de la scène
Dans les ateliers de restauration toulousains spécialisés, « le téléphone continue de sonner », assure Thomas Ferrera, fondateur de Classic Motors, à Saint-Alban (31). Le restaurateur voit une clientèle de plus en plus jeune pousser les portes de son garage. « Il y a beaucoup de jeunes à partir de 25 ans qui décident d’acheter une voiture de collection », constate-t-il. Même constat chez Deyraut Gliss Auto Sport, à Toulouse. « On arrive tout de même à se faire plaisir avec une Porsche d’il y a 30 ans dans un budget raisonnable », explique Cédric Bouny, responsable commercial.
La demande concerne principalement les « youngtimers », ces voitures de 1980 à 1995, entrées petit à petit dans le monde de la collection. Pour Paul de Colonges, commissaire-priseur de la vente aux enchères de ce week-end, « les acheteurs ne recherchent simplement plus la même voiture ». L’essor de la 2CV est l’illustration de la « madeleine de Proust » prisée par la génération Y. « On collectionne plus facilement les choses qu’on a connues durant notre enfance », explique-t-il.
Les anciennes ont moins la cote
Cette dynamique des youngtimers ne doit pas être généralisée à l’ensemble du marché de la collection, nuance Olivier Garcia, Toulousain et expert des véhicules de collection dans le Sud-Ouest. « Le ralentissement est net », assure-t-il au sujet des véhicules plus anciens. Les modèles d’avant-guerre et des années 1950 à 1970 trouvent plus difficilement preneurs aujourd’hui.
Après plusieurs années dynamiques post-COVID-19, le rapport de force s’est récemment inversé. Les acheteurs sont aussi moins nombreux et plus exigeants. « Pour une voiture à 70 000 ou 80 000 €, ils vont comparer, faire expertiser, vérifier son état… », résume l’expert.
Le véhicule de collection comme placement financier, idée reçue ?
Paul de Colonges reconnaît qu’il peut représenter une forme d’investissement mais estime qu’il est “difficile de prédire sa valeur sur le long terme”. Les modes changent et les modèles recherchés évoluent avec. « Conserver une voiture de collection, c’est aussi des frais », précise le commissaire-priseur en citant notamment le garage, l’entretien et la restauration. Les clients de Thomas Ferrera, par exemple, souhaitent avant tout conserver leur véhicule. « Tous mes clients sont des passionnés qui viennent pour améliorer leur voiture plaisir, mais pas pour la revendre », assure-t-il. « Je vois passer le collectionneur qui a beaucoup de voitures, et le passionné qui en a qu’une seule mais qui met tout son amour dedans », précise-t-il.
« Les vendeurs sont aussi les collectionneurs »
« Pour que ça marche, il faut des acheteurs et des vendeurs », rappelle Paul de Colonges. Les prix sont le nerf de la guerre. Les propriétaires sont nombreux mais encore faut-il leur proposer un prix suffisamment élevé pour qu’ils acceptent de se séparer d’une voiture de leur collection. « Les vendeurs sont aussi les collectionneurs », précise le commissaire-priseur. Pour la vente aux enchères, Primardeco a privilégié « moins de modèles mais à des prix raisonnables ». Rendez-vous donc dimanche à 15 h au MEETT ou en ligne sur Drouot pour acquérir l’un de ces 26 véhicules.













