Météo France a confirmé ce jeudi qu’officiellement la France venait de connaitre l’été le plus chaud jamais enregistré en France. L’invité d’ICI matin est Philippe Durr, membre de l’association Météo Pyrénées.
Le département de l’Aude est en vigilance orange canicule ce vendredi. De très fortes chaleurs sont encore attendues ce week-end en Occitanie. Les températures vont flirter avec les 40 degrés, 38 prévus à Toulouse dimanche, 37 dès ce vendredi à Muret, 35 à Albi. On est, c’est quand même bon de le rappeler, au mois de septembre. Météo France a confirmé ce jeudi qu’officiellement la France venait de connaitre l’été le plus chaud jamais enregistré en France. L’invité d’ICI matin est Philippe Durr, membre de l’association Météo Pyrénées.
ICI Occitanie : On a déjà vu ça en Occitanie, de telles températures à cette période de l’année ?
Oui, bien sûr, on a déjà vu ça, y compris en septembre. Ce qui est particulièrement, on va dire édifiant cette année, c’est la durée de ces épisodes de chaleur qui ont démarré dès le 20 mai. Il y a eu, comme vous le savez, énormément de canicules. Pour citer le nombre, il y en a eu cinq et quasiment aucun répit entre chacune d’entre elles, donc c’est ce qui fait que nous venons de vivre l’été le plus chaud jamais connu et enregistré en France métropolitaine.
Est-ce qu’on peut à proprement parler d’un nouvel et d’un sixième épisode caniculaire qui approche ?
Oui, dans les faits, absolument. Il va faire, vous venez de le dire, très très chaud jusqu’à dimanche inclus, on a probablement un petit répit à partir de lundi où les températures vont repartir à la baisse, mais quand on dit qu’elles vont repartir à la baisse, elles vont simplement revenir vers les normales.
Mais est-ce qu’il va faire aussi très chaud la nuit, parce que c’est ça qui caractérise un épisode caniculaire, au-delà des fortes chaleurs ?
Oui, un épisode caniculaire, d’abord c’est le nombre de jours et ensuite effectivement si les températures ne descendent pas sous les 20 degrés la nuit, on nomme ces nuits les nuits tropicales.
C’est ce qui nous attend là, vous pensez ?
Oui c’est le cas, ce sont des températures qui restent au-delà de 20 degrés. Et c’est particulièrement remarquable pour un mois de septembre. Un mois de septembre, je le rappelle, qui depuis maintenant quelques années est devenu un mois quasiment estival pour nous, Toulousains et habitants de la région Occitanie. Ce n’était pas le cas il y a encore 30 ou 40 ans en arrière et aujourd’hui le mois de septembre est toujours un mois estival.
Le mois de juillet à Toulouse, c’était franchement irrespirable. Ça se confirme d’un point de vue scientifique : 6 degrés de plus en moyenne enregistrés par rapport à une année normale, ça paraît monstrueux, énorme ?
Oui c’est ça si on parle des températures maximales effectivement. On dénombre 24 températures qui ont dépassé les 30 degrés, donc c’est absolument colossal, dont 15 qui ont dépassé les 35 degrés, et il n’est tombé que 7 mm d’eau, alors qu’il devrait en tomber entre 50 et 60 sur un mois normal de juillet, donc une grande, grande sécheresse. Et effectivement, 6 degrés par rapport aux températures maximales supérieures aux moyennes, ce qui est bien sûr inédit, sachant que ce mois de juillet faisait suite à un mois de juin qui lui-même avait été record également, avec, je le rappelle, pour Toulouse, deux journées, les 23 et 24, où on a dépassé les 40 degrés, les 40 degrés à l’ombre, en plaine sur Toulouse. Bon, je rappelle que ce sont des températures que l’on peut relever de temps en temps, mais qui étaient extrêmement rares dans les années 60-80 et qui deviennent maintenant, je ne dirais pas classiques, mais en tout cas, que l’on voit de plus en plus souvent.
Est-ce qu’on peut dire, Philippe Durr, que la tornade qui a ravagé la commune de Pomas il y a maintenant 10 jours est une conséquence directe du réchauffement climatique ?
Alors la tornade de Pomas était dans l’Aude effectivement une tornade qui a été classée EF3 sur l’échelle de Fujita donc c’est quand même une tornade à plus de 200 km heure qui a été, non pas meurtrière, mais en tout cas qui a fait énormément de dégâts. On a eu de la chance, oui. Dire qu’elle est la conséquence du réchauffement climatique, on ne peut pas l’affirmer. Il faut savoir qu’en France il y a quelques dizaines de tournades chaque année recensées, mais effectivement celle de Pomas fait partie maintenant des plus importantes, mais on ne peut pas l’attribuer. Autant on peut dire que les orages peuvent devenir de plus en plus sévères du fait du réchauffement climatique, ça on est capable de le dire parce qu’on a quand même des relevés maintenant qui remontent sur plusieurs siècles, autant les tornades c’est plus court en données et aujourd’hui personne ne se lance à pouvoir dire qu’elles sont la conséquence du réchauffement climatique.
Est-ce qu’on va pouvoir mieux les prévoir, ces phénomènes climatiques ? Vos collègues de Météo France ont annoncé qu’ils allaient faire évoluer leur application avec la possibilité de zoomer désormais lors des alertes météo sur la carte pour voir presque commune par commune, en tout cas à l’intérieur même désormais des départements, est-ce que ça va fonctionner ?
Alors effectivement la vigilance Météo France évolue et je trouve ça plutôt très bien, c’est une très bonne chose. Effectivement, si on prend le département de la Haute-Garonne, c’est un département particulièrement intéressant pour ça parce que la vigilance, comme vous le savez, c’est du rouge quand c’est vraiment très dangereux, c’est du orange quand il s’agit d’être très vigilant, et un département comme la Haute-Garonne, qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres du nord au sud, peut générer des différences majeures de météo entre les habitants, entre Fronton au nord du département et Luchon au sud. Et on a vu effectivement, vous avez raison, des épisodes ultra-localisés encore ces dernières années, d’où l’efficacité peut être meilleure de cette nouvelle application Météo France.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














