Le marché des véhicules de collection continue de séduire les nouvelles générations à la recherche de leur « voiture plaisir ». Mais à l’heure de l’électrique et des modèles remplis de composants électroniques, quel avenir pour ces futures anciennes dans cinquante ans ? Décryptage.
La 205 GTI ou la Renault 5 racontent encore toute une époque. Elles ont leur place dans le monde de la collection car elles séduisent une génération qui les a vues dans les rues en étant enfant. Cependant, le passage à l’électrique sur les voitures modernes pourrait bien changer l’avenir des futures anciennes. « Je crains que le fait qu’il y ait trop de technologie embarquée soit un vrai souci », confie Olivier Garcia, Toulousain et expert des véhicules de collection dans le Sud-Ouest.
Le plaisir de mettre les mains dedans
Les collectionneurs qui possèdent une ancienne sont généralement motivés par le fait de pouvoir « mettre les mains dans le cambouis ». Un carburateur se démonte, un joint se nettoie facilement et il reste le plaisir de réussir à redémarrer un vieux moteur… Avec une voiture électrique, une panne de batterie ou de boîtier électronique demande d’autres compétences. Dans les garages spécialisés, les professionnels formés sur les anciennes vieillissent, et les successeurs sont plus rares. « Il y a aussi tout un savoir-faire qui s’en va petit à petit », constate l’expert. Ce n’est donc pas de la mécanique plaisir à laquelle il faut s’attendre avec les futurs modèles de collection.
Le casse-tête des pièces
Autre problématique, les constructeurs ne produiront pas forcément les pièces nécessaires pour des voitures qui auront plus de 15 ans. Il sera donc plus difficile d’entretenir et de restaurer ces voitures modernes sur le long terme. À l’image des lave-linge ou des téléphones portables, la question de l’obsolescence programmée s’ajoute. Pour Olivier Garcia, cela ne remet pas en cause la nécessité de la transition électrique. Pour les trajets du quotidien, l’expert considère qu’elles ont toutes leur place. Il nuance toutefois : « Je ne suis pas certain qu’une Renault Zoe deviendra un jour une voiture de collection, par exemple », même s’il est évidemment impossible de prédire l’avenir du marché. Pour entrer « collection », au sens propre du terme, la voiture doit avoir plus de 30 ans, son modèle ne doit plus être produit et elle doit conserver sa configuration d’origine.















