En mai 2025, à Saint-Jean près de Toulouse, un artisan a prétexté un chantier de menuiserie conclu avec son époux pour extorquer de l’argent à une mère de famille en la soumettant à une intense pression psychologique. Déjà impliqué dans une affaire similaire à Toulouse, cet homme de 46 ans a été condamné par le tribunal correctionnel à un an de prison avec sursis pour double extorsion. Voici l’histoire.
« Bonjour, je viens pour la menuiserie, j’ai vu avec votre mari. Il n’est pas là ? ». En ce jour de mai 2025, Nathalie* ne peut réprimer un mouvement de surprise. Que fabrique cet inconnu dans son couloir ? Un brin surprise par cette visite impromptue à son domicile de Saint-Jean, près de Toulouse, la mère de famille passe un rapide coup de fil à son mari. Douche froide.
« Le mari est lui-même menuisier ! »
« Le mari n’avait pris contact avec aucun artisan. D’autant qu’il n’allait pas sous-traiter ce genre de chantier : il est lui-même menuisier ! », soupire un connaisseur du dossier. Il demande à sa femme de lui passer le visiteur. Ce dernier ne se démonte pas et refuse de quitter les lieux sans qu’on lui règle… des frais de déplacement.
Nathalie est seule chez elle. « Elle a senti la pression psychologique exercée par cet homme. Elle a eu très peur pour elle et ses enfants en bas âge ». Elle finit par lui faire un virement Wero de 55 euros. Le visiteur produit une facture sans numéro SIRET et croise sur la route le mari rentré dare-dare chez lui, sans que ce dernier n’ait le temps de lui demander des comptes. Le couple dépose plainte.
« Le syndic m’a dit de refaire le tableau électrique »
Ce que Nathalie et son compagnon ignorent alors, c’est que l’escroc présumé qui vante également ses talents d’électricien n’en est pas à son coup d’essai. Un mois plus tôt, à Toulouse, il intervient au domicile d’un octogénaire. « Bonjour, le syndic m’a dit de refaire le tableau électrique ». Le senior donne sa bénédiction.
Mais quand l’artisan réclame son dû, le « client » mis devant le fait accompli refuse de s’acquitter des 200 euros. « L’artisan assurait avoir un contrat avec le syndic de copropriété. L’octogénaire lui a dit de voir directement avec eux pour le règlement ».
Double extorsion
Opinel en main et volubilité en bandoulière, l’électricien menace alors de couper tous les fils. Il commence à tirer dessus lorsque le petit-fils de la victime surgit à l’improviste. « Il n’a eu d’autre recours que lui verser les 200 euros pour le faire déguerpir ». Avant de déposer plainte.
Jugé récemment en comparution immédiate pour cette double extorsion, le quadragénaire a confessé à l’audience être « un homme de tempérament » doté d’un « gros caractère ». Défendu par Me Guillaume Massin, il a été condamné à un an de prison avec sursis et interdiction de posséder une arme pendant une durée de trois ans.
4500 euros en liquide exhumés de ses poches : le Trésor Public se frotte les mains
Convoqué devant les services enquêteurs pour répondre de ses actes, le prévenu aurait, dans un premier temps, préféré ignorer les injonctions judiciaires. Un mandat de recherche a donc été émis à son encontre en juillet 2025. Un an plus tard, soit le 18 août dernier, ce sont les gendarmes du PMO de Muret (Peloton motorisé) qui l’ont intercepté lors d’un banal contrôle routier.
Le quadragénaire a été trouvé en possession de 4500 euros en liquide. Sur ce pécule, la direction des Finances publiques a directement puisé la somme de 1200 euros, en vertu d’une convention signée en 2025 avec le parquet de Toulouse, la police et la gendarmerie. L’argent non saisi par la justice – comme c’était le cas dans cette affaire – peut l’être désormais par le Trésor Public pour recouvrer certaines créances.
Selon un document rendu public en mai dernier par le parquet général de la cour d’appel de Toulouse, cette convention a permis au Trésor Public de recouvrer 60 000 euros en 2025. Et déjà près de 23 000 euros sur le seul premier trimestre 2026.
*Prénom modifié
















