Larbi, un Algérien de 30 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de Toulouse pour violences et menaces de mort aggravées. Le 11 septembre, sous l’emprise de cocaïne, d’alcool et de Prégabaline, le quasi-moribond a agressé des policiers après s’être asséné quatre coups de lame au bas-ventre dans l’idée d’incriminer sa compagne. Il a fallu pas moins de huit membres des forces de l’ordre et d’un taser pour stopper cet homme sous OQTF. Un spécialiste des arts martiaux au passé militaire dans l’antiterrorisme en Algérie. Une histoire démente.
« C’est Kill Bill ! ». Le bon mot émane d’une robe noire, effarée par l’affaire jugée en comparution immédiate, ce lundi, à Toulouse. Dans le box, Larbi, un Algérien de 30 ans, offre un faciès ombrageux à l’auditoire. De ceux qu’on n’est pas tenté d’examiner de trop près. Vendredi 11 septembre, il a fallu pas moins de huit policiers pour le maîtriser. Sans compter le taser. Et pourtant, son pronostic vital était engagé. Tout ceci justifie la référence à Tarantino.
Une bouteille de vodka, 5 g de coke
Larbi comparaît pour des violences et menaces de mort aggravées. Il ne se souvient pas vraiment. « J’avais bu une bouteille de vodka et pris 5 grammes de cocaïne », traduit l’interprète. Il avait mélangé tout ça avec de la Prégabaline, la « cocaïne du pauvre ». La présidente retrace une journée dont les acteurs se souviendront longtemps.
C’est pour un homme se vidant de son sang que les policiers sont dirigés au pied d’un immeuble toulousain, place de Milan. Un attroupement s’est formé. Le blessé est placé dans le véhicule du Samu entre la vie et la mort. Mais soudain, tout bascule.
« Il était couvert de sang »
Un policier de la Compagnie départementale d’intervention (CDI) raconte. « Il présentait plusieurs plaies à l’abdomen. Il était inconscient quand il est entré dans le véhicule de secours. Mais il a repris connaissance. Il voulait voir sa fille (âgée de 5 ans, NDLR). Je n’y étais pas favorable car il était couvert de sang ».
Larbi arrache alors ses perfusions, attaque les policiers. Il pare les coups, en porte de nombreux à tous ceux qui l’entourent. « Il a un passé militaire dans l’anti-terrorisme en Algérie. Il pratique les arts martiaux. Il a projeté hors de l’ambulance les trois policiers qui tentaient de le maîtriser avec professionnalisme », s’effare Me Amaury Palasset, l’avocat de trois d’entre eux.
Quatre coups de lame dans le bas-ventre
Ce que chacun ignore à ce stade, c’est que Larbi s’est auto-infligé quatre coups de lame au bas-ventre, après avoir violenté sa compagne. Gifles, coups de poing, étranglement (1 jour d’incapacité légale). Cette dernière refusait qu’il rencontre sa gamine dans cet état. « [Votre plan, c’était de] la faire accuser de vous avoir attaqué », grince la présidente.
« Je travaille en voie publique depuis 26 ans et lorsque les personnes consomment de la cocaïne, c’est très compliqué. Leur force est décuplée. Il fallait l’arrêter mais sans aggraver ses blessures », relève le policier à la barre. Larbi n’a rien à dire de spécial. Ne se souvient de rien. Demande quand même pardon, ça ne mange pas de pain.
« Je vais partir en Hollande »
Me Stéphanie Pujol intervient pour deux autres policiers victimes. « Ce soir-là, ils lui ont sauvé la vie en effectuant un point de compression. Il perdait énormément de sang ». Avant de basculer « proche de la démence ». Pour la « première fois de (s)a carrière », la procureure demande le retrait de l’exercice de l’autorité parentale. « Sa fille a assisté à une partie de ce déferlement de violence », grimace-t-elle.
En défense, Me Diane Benoît relève la dangerosité du cocktail cocaïne-Prégabaline-alcool, qui l’a transformé en « personne enragée, hystérique ». Arrivé en France en 2021, Larbi, qui « travaille sur les marchés », est sous OQTF depuis 2023. La justice lui a déjà notifié deux interdictions du territoire français (ITF).
« Je vais partir en Hollande, j’ai des amis là-bas », promet-il. Ce sera après les deux ans de prison ferme que le tribunal lui a infligés, comme requis par le parquet, avec interdiction d’entrer en contact ou de paraître au domicile de Madame pendant deux ans. Il devra verser 600 euros à trois policiers et 1 000 euros à deux de leurs collègues. Tout sauf une fin hollywoodienne.

















