On venait de lui poser douze agrafes au cuir chevelu. Mais après avoir éclusé une bouteille de vodka près du lac de la Reynerie, Mohamed, 33 ans, n’a pas eu l’alcool joyeux. Lorsque l’une des infirmières des urgences de Purpan a fouillé sa poche à la recherche de ses papiers, les menaces de mort ont fusé. Ingérable, le demandeur d’asile a été fermement éconduit, avant de camper sur les rails du tram. La police a été alertée quand il s’est approché un peu trop près de l’hôpital des enfants.
Tout de blanc vêtue, la victime ressemble à ce qu’elle est dans le civil : une infirmière. Jeudi dernier, l’homme qui se trouve dans le box du tribunal correctionnel de Toulouse, ce lundi 14 septembre, était autrement vindicatif lorsqu’il a été admis aux urgences de l’hôpital Purpan, où elle exerce.
« Peut-être j’ai été frappé »
Les pompiers ont pris en charge Mohamed sur la voie publique. Il présente de larges plaies à la tête. « Peut-être j’ai été frappé », élude cet Algérien de 33 ans, demandeur d’asile. Les médecins lui posent « douze agrafes au cuir chevelu », relève son avocate, Me Audrey Sabac.
L’intervention ne dénote pas de la médecine d’urgence classique. La suite en revanche, justifie le renvoi du blessé devant la justice. L’une des infirmières a le malheur de fouiller l’une de ses poches pour en extraire un papier. « Je croyais que c’était la copie de sa carte d’identité », soupire-t-elle. Mû par un regain de vitalité, Mohamed tente alors de se lever du brancard, balance des coups de pied dans le vide. « Il a essayé de me tirer les cheveux ».
« L’alcool n’excuse rien »
Sa bouche s’emplit d’injures et de menaces de mort, à l’endroit de deux infirmières et d’un agent de sécurité qui le pousse vers la sortie tant il est devenu ingérable. Il campe sur les rails du tramway. « Je vais revenir vous tuer ». La police est (enfin) appelée « car il se rapproche de l’hôpital des enfants ».
Le trentenaire, qui « travaille sur les marchés », a éclusé « un litre de vodka » dans la soirée, sur les rives du lac de la Reynerie, selon ses affirmations. « Pour perdre la mémoire ». Le résultat dépasse ses espérances.
« Je pense qu’il souffrait d’un grave traumatisme crânien. Cela peut modifier le comportement, augmenter l’agressivité et engendrer de violentes réactions physiques et verbales », diagnostique Me Sabac. « L’alcool n’excuse rien. Il est devenu ingérable », tance pour sa part la procureure, qui requiert dix mois de prison avec un sursis probatoire.
Prison ferme
Le tribunal oppose une analyse moins débonnaire de la situation. Mohamed est relaxé pour les violences (en l’absence de coups portés, NDLR). En revanche, il est condamné à quatre mois de prison ferme avec maintien en détention pour les menaces de mort aggravées.
Le tribunal lui fait interdiction de paraître à Toulouse pendant trois ans. Et accorde 500 euros de dommages et intérêts à l’infirmière partie civile. La rendant au triste quotidien qui est (trop souvent) le sien.
















