Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé mardi un nouveau délai de trois mois à l’entreprise de pâte à papier Fibre Excellence, afin que de potentiels investisseurs puissent finaliser leur offre de reprise du site de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne.
Dans leur décision, les magistrats fixent au 22 octobre à midi la date limite de dépôt des offres de reprise de cette usine, qui emploie 270 salariés.
En redressement judiciaire depuis fin avril, le numéro un de la pâte à papier en France a vu son autre usine, installée à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, placée en liquidation judiciaire le 30 juillet après le rejet d’une offre de reprise de la part du financier Matthieu Pigasse.
Un nouvel investisseur potentiel, le groupe alsacien Soprema, a alors exprimé un intérêt pour le site de Saint-Gaudens, soutenu par la région Occitanie et auquel doit s’associer un autre partenaire.
L’industriel, spécialiste de l’étanchéité et de l’isolation thermique, serait rejoint par un investisseur portugais qui, « à ce stade, ne souhaite pas que l’on communique son nom », indique la Région Occitanie. Le nom d’un grand groupe de l’industrie papetière a cependant été évoqué pour venir compléter le tour de table. 90 millions d’euros sont effet nécessaires pour le redémarrage du site Fibre Excellence de Saint-Gaudens.
Souveraineté industrielle française
Le tribunal a donc suivi le ministère public qui avait requis le 8 septembre une continuation d’activité d’une durée de trois mois. « On est soulagés. On espère que cela va permettre de faire une offre qui sera jugée recevable par le tribunal de commerce pour l’audience du 3 novembre, contrairement à la dernière », a réagi Nicolas Bruel, le délégué CGT.
Pour couvrir ce délai de trois mois jusqu’en décembre, l’État va apporter 2 millions d’euros jusqu’au 30 septembre, date à laquelle le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a demandé « des engagements précis » de la part des porteurs du projet de reprise, et la région Occitanie abondera de 3,5 millions d’euros pour la période d’octobre jusqu’à mi-décembre.
Au nom de la souveraineté industrielle française, les représentants du personnel et les pouvoirs locaux mettent en avant la nécessité de sauver cette usine, qui produit de la pâte à papier pour fabriquer ensuite cahiers, papier hygiénique ou emballages cartonnés.
Après avoir injecté près de 300 millions d’euros dans le groupe, l’actionnaire indonésien de Fibre Excellence, Jackson Wijaya, avait jeté l’éponge au printemps, mettant en avant le manque de rentabilité de l’entreprise, ce qui a précipité le placement de l’entreprise en redressement judiciaire.



















