Le tribunal administratif de Montpellier interdit la corrida prévue le 10 octobre à Palavas-les-Flots. Six taureaux devaient être mis à mort. En référé, le juge estime notamment que l’absence de tradition locale ininterrompue soulève un doute sérieux sur la légitimité de l’événement.
À un peu plus de deux semaines de l’événement, le sort de la corrida prévue à Palavas-les-Flots est scellé, elle n’aura pas lieu. Tout comme à Pérols, en octobre 2025, le tribunal administratif de Montpellier a ordonné ce jeudi 24 septembre que le spectacle taurin programmé le 10 octobre soit interdit. Six taureaux devaient y être mis à mort.
La décision intervient après deux recours déposés devant la juridiction administrative par des associations opposées à la corrida. Le maire de Palavas-les-Flots avait refusé de mobiliser ses pouvoirs de police pour empêcher l’organisation du spectacle. Le juge des référés a suspendu cette décision et lui demande désormais de prendre les mesures nécessaires pour bloquer la tenue de l’événement dans les sept jours suivant la notification de l’ordonnance.
Le tribunal écarte l’argument de la tradition locale
Pour parvenir à cette conclusion, le juge s’est notamment appuyé sur le régime juridique applicable aux courses de taureaux. Le Code pénal prévoit une exception lorsque celles-ci peuvent se prévaloir d’une « tradition locale ininterrompue ». Mais cette notion ne se limite pas à l’existence passée de manifestations taurines dans une commune : le tribunal estime qu’il faut également regarder leur nature et considérer un ensemble démographique plus large que les seules limites municipales.
Dans le cas de Palavas-les-Flots, cette condition n’est pas remplie selon le juge. L’ordonnance relève ainsi « l’absence de tradition locale ininterrompue d’organisation d’événements taurins avec mise à mort de taureaux dans l’ensemble démographique auquel appartient la commune de Palavas-les-Flots ».
Cette appréciation conduit le tribunal à considérer que la décision municipale peut être sérieusement contestée sur le plan juridique. Il estime que le moyen invoqué par les associations est « propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision ».
L’urgence a également été retenue. Le juge souligne que l’organisation du spectacle était déjà engagée, avec notamment des dépenses, une campagne de communication et l’ouverture de la billetterie. Il relève surtout « les conséquences irréversibles pour les taureaux qu’entraînerait la tenue de ce spectacle ».
Les associations anti-corrida réagissent
Plusieurs organisations avaient saisi le tribunal : l’Alliance Anticorrida, le CRAC Europe et One Voice. L’Association Stéphane Lamart était, elle, intervenue volontairement au soutien de la procédure engagée par l’Alliance Anticorrida.
Après l’annonce de l’ordonnance, l’association Stéphane Lamart a salué une décision qu’elle considère comme importante. Elle estime notamment que celle-ci « confirme, à ce stade de la procédure en référé, le sérieux de la contestation juridique portant sur l’absence de tradition locale ininterrompue ».
Le contentieux n’est toutefois pas définitivement clos. L’ordonnance rendue en référé suspend la décision du maire dans l’attente du jugement au fond sur sa légalité. Dans l’immédiat, la municipalité doit néanmoins empêcher la corrida annoncée le 10 octobre.



















