La haute saison est terminée, les parkings se vident, et pourtant la Côte Vermeille fin septembre reste l’un des coins de France où l’on profite encore d’une vraie douceur méditerranéenne. Entre Collioure et Banyuls-sur-Mer, le sentier littoral s’étire sur des kilomètres de criques et de vignes, avec une lumière d’automne que les peintres ont toujours cherchée ici.

Ce que la météo dit vraiment en fin septembre
Octobre est souvent le mois oublié de la Côte Vermeille, et c’est à tort. Les normales saisonnières en début de mois donnent des températures comprises entre 16°C la nuit et 22°C l’après-midi, avec un ensoleillement qui dépasse encore les vingt jours dégagés sur trente. La mer, elle, affiche en moyenne 20 à 21°C, ce qui reste tout à fait supportable pour se baigner, d’autant que l’eau a eu tout l’été pour se réchauffer.
Le seul bémol, et il est réel : la tramontane. Ce vent du nord-ouest peut souffler fort et rendre certaines criques inconfortables. L’astuce des habitués consiste à se replier vers les plages abritées de Banyuls quand il se lève, plutôt que d’affronter le littoral exposé de Port-Vendres. Mais sur l’ensemble du mois, les journées sans vent significatif restent largement majoritaires.
Le sentier littoral de Collioure à Banyuls : l’itinéraire à faire
La balade classique relie Collioure à Banyuls-sur-Mer via le sentier côtier, soit environ 13 kilomètres pour un dénivelé cumulé modéré. On compte en moyenne 3h30 de marche, avec des pauses. Ce n’est pas une randonnée technique, mais le terrain est parfois pierreux, ce qui exclut les simples chaussures de ville.
Depuis la gare de Collioure, on rejoint le château royal en dix minutes à pied, puis le chemin de ronde grimpe vers les vignes en terrasses du Banyuls-Collioure, l’un des seuls vignobles de France encore travaillé entièrement à la main sur des restanques de schiste. La vue sur la mer et les Pyrénées en toile de fond vaut à elle seule le déplacement. Plus bas, Port-Vendres offre une pause au bord du port avant de poursuivre vers Banyuls, où l’arrivée se fait directement sur la plage principale.
Fin septembre, ce sentier est presque désert, ce qui change radicalement l’expérience par rapport au mois d’août.
Ce qui reste ouvert, et ce qui commence à fermer
C’est là que la saison joue un rôle. Les grandes attractions restent accessibles : le sentier sous-marin de Banyuls, aménagé dans la réserve naturelle marine, fonctionne toute l’année et permet d’observer les fonds rocheux avec un simple masque et des palmes. Le Biodiversarium et ses aquariums de grande profondeur ouvrent leurs portes. La Métairie Maillol, où repose le sculpteur Aristide Maillol sous la statue Méditerranée, est en libre accès.
En revanche, une partie de la restauration balnéaire commence à réduire ses jours d’ouverture, et certains hébergements ferment après le pont du 11 novembre. Il est donc conseillé de vérifier avant de partir, surtout si le projet est d’y passer la nuit.
À noter pour les amateurs de vin : la fête des vendanges de Banyuls, qui marque l’arrivée des raisins par la mer à bord de barques catalanes, se tient traditionnellement le troisième week-end d’octobre, soit légèrement après la fenêtre de fin septembre, mais elle constitue une belle raison de revenir.
Comment s’y rendre depuis Toulouse ?
Le trajet en train est direct et bien balisé. Depuis Toulouse-Matabiau, un Intercités dessert Narbonne (1h30), où l’on change pour un TER liO en direction de Collioure (environ 50 min supplémentaires). Comptez donc environ 2h30 à 2h45 au total, avec une connexion rapide à Narbonne. Le trajet Perpignan-Collioure en TER prend seulement 20 minutes et coûte généralement moins de 10 € selon disponibilité.
Pour le retour, il est tout à fait possible de finir la journée à Banyuls-sur-Mer et de reprendre un TER vers Perpignan, puis un train pour Toulouse depuis la capitale catalane. Les liaisons sont régulières dans les deux sens, avec une dizaine d’allers-retours par jour sur la portion côtière.
Depuis la place du Capitole, moins de trois heures de transport suffisent à se retrouver face à une mer encore tiède, sur un sentier que les touristes ont déserté. L’automne sur la Côte Vermeille, c’est peut-être la meilleure version de ce littoral.















