Deux ans après la fermeture de l’emblématique hypermarché Casino dans le centre commercial Basso Cambo de Toulouse, plus de la moitié des commerces ont fermé et ceux qui résistent se sentent abandonnés.
L’après Casino est plus que difficile pour les commerçants de la galerie marchande Basso Cambo de Toulouse, située au terminus de la ligne B du métro. L’hypermarché a fermé fin 2024 et depuis, plus de la moitié des commerces de la galerie ont fermé. Ceux qui résistent ne vont pas bien et dénoncent l’attitude de leur propriétaire qui promettait un nouveau projet qui semble au point mort.
Une galerie déserte mais toujours ouverte
À la sortie du métro, rien n’indique que la galerie commerçante de Basso Cambo est toujours ouverte. Il faut donc s’y aventurer pour constater que les portes vitrées s’ouvrent toujours et que certaines enseignent résistent encore. Plus de la moitié des magasins ont fermé, c’est le cas du coiffeur, de la presse, d’un bar ou encore de la boucherie qui indique, sur sa grille baissée, qu’un plafond est tombé dans le commerce.
Parmi les magasins toujours ouverts, l’opticien qui a quitté l’enseigne Optic 2000 pour des raisons économiques évidentes. Salim fait partie des trois salariés encore en poste, il nous fait visiter la galerie avec tristesse : « ça me fait très mal au cœur, j’ai fait plus de 22 ans dans ce magasin et aujourd’hui on ne sait pas quoi répondre à nos clients qui nous demandent ce que l’on va devenir, si on va déménager ou non ». Dans son grand magasin modernisé il y a cinq ans, plusieurs vitrines sont désormais vides, inutile d’acheter davantage de marchandise explique-t-il.
Sidi lui gère Le Best Coffee, le dernier snack de la galerie : « Moi c’est uniquement de la survie, j’ai perdu 75% de mon chiffre d’affaire et quatre salariés ». Le commerçant n’a pas les moyens de se déplacer « je demande de l’aide, de l’aide pour aller ailleurs mais ils attendent qu’on parte sans rien demander ».
Les commerçants interrogés déplorent l’état de la galerie laissée à l’abandon. Plus de climatisation, de chauffage, des toilettes murées, une sécurité réduite à peau de chagrin et des horaires d’ouverture réduits.
Toujours pas de rachat de la galerie commerçante
Un projet était pourtant dans les tuyaux sur cette place Edouard Bouillères. Le groupe Magellim, propriétaire de cette galerie commerçante, devait vendre son site au constructeur Bouygues. Un projet dans le cadre d’un plan de renouvellement urbain. Il était question de plus de 750 logements, d’équipements sportifs et le maintien de quelques commerces comme la pharmacie et l’opticien.
Selon les informations d’ICI Occitanie, aucun accord n’a été signé et à ce jour il n’y a pas de négociations en cours. Autrement dit, le propriétaire n’a pas réussi à vendre sa galerie au prix espéré.
La mairie de Toulouse, accusée d’immobilisme par les commerçants, se dit préoccupée par la situation mais rappelle qu’il s’agit d’un dossier entre privés. Gaëtan Cognard, maire de ce quartier du Mirail, s’exprime ainsi à notre micro : « Nous aussi cette situation nous exaspère. Nous, la collectivité, notre rôle c’est ‘comment faire en sorte de remettre autour de la table les acteurs pour qu’ils puissent trouver une solution et un accord de cession?’. L’élu se dit prêt à convoquer les acteurs s’ils ne se mobilisent pas rapidement.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












