Au Mirail, les habitants connaissent bien les résidents de l’Ehpad Louis Douste-Blazy, bien intégrés à la vie du quartier. Situé à Bellefontaine, l’établissement accueille 70 personnes avec une particularité : il est le seul de Toulouse à accueillir des profils présentant des troubles psychiatriques. Visite guidée.
Au Mirail, plusieurs lieux de sociabilités occupent la place Bellefontaine. Un café souvent fréquenté, divers commerces ou encore un centre culturel. Dissimulé parmi ces endroits emblématiques du quartier, se trouve un lieu assez inattendu : l’Ehpad Louis Douste-Blazy. Reconstruit en 2019 sur le site de l’ancien foyer de vie, l’établissement a conservé sa fraîcheur et offre d’agréables espaces communs à ses résidents : un jardin, un salon télé ou encore une vaste salle à manger. Dans l’espace dédié aux ateliers créatifs, cinq résidentes s’appliquent à fabriquer des pompons pour réaliser des bonnets de Noël sur une grande table recouverte de pelotes et de morceaux de laine.
Un Ehpad pas comme les autres
L’Ehpad Louis Douste-Blazy a une spécificité : il s’agit du seul à Toulouse qui accueille des résidents semi-dépendants, atteints de troubles psychiatriques. « Ici, la moyenne d’âge tourne autour de 74 ans, contre environ 91 ans dans des Ehpad classiques », explique Pascale Foussier, directrice de l’établissement. « Donc, nous avons des personnes qui sont là depuis une vingtaine d’années », ajoute-t-elle. Cet Ehpad compte parmi les rares centres de Haute-Garonne à accueillir des personnes vieillissantes présentant des troubles psychiatriques. Cette particularité explique en partie l’importance de la liste d’attente de l’établissement qui accueille des personnes venues de tout le département.
Autre particularité, l’Ehpad se situe dans un quartier prioritaire de la ville : le Mirail. L’important tissu associatif du quartier permet de nouer des liens entre des associations et l’établissement afin de proposer différentes activités : « Il y a pas mal de partenariats qui se mettent en place avec les associations comme LudiMonde ou avec le CLAE. C’est chouette, ça veut dire que nos résidents ont de l’importance et sont considérés comme des habitants à part entière », précise la directrice. Les résidents profitent aussi d’une sortie hebdomadaire au marché du Mirail, les mercredis. Certains d’entre eux ont également la possibilité de sortir en autonomie. « L’Ehpad est un lieu de vie, pas de soins », insiste Pascale Foussier.
Psychologue à plein temps et budget serré
L’établissement dispose d’un poste de psychologue à plein temps qui permet d’assurer un véritable suivi des résidents. « Il y a plus de prévention, ce qui permet de désamorcer des décompensations et de faire en sorte qu’il y ait moins d’hospitalisations », note Pascale Foussier. Ainsi, « quand l’équipe est au complet, je peux vraiment me focaliser sur mon travail infirmier », témoigne quant à elle Sonia Tadjeddine, infirmière.
Pour autant, cette spécialisation dans l’accueil de résidents présentant des troubles psychiatriques ne confère pas à l’établissement plus de moyens que pour les Ehpad classiques. C’est même le contraire. Le budget alloué à un Ehpad s’évalue selon le niveau de dépendance de ses résidents. Plus les résidents sont dépendants, plus le budget alloué à la structure est élevé. Le public accueilli au Mirail étant relativement jeune et autonome par rapport à celui des Ehpad classiques, le budget alloué à l’établissement est donc moins important.Malgré cela, l’établissement peut compter sur une équipe stable constituée d’une quarantaine de personnels, « avec très peu de turn-over », se félicite Pascale Foussier.
Marie-Sarah Kaci pour MQML















