L’interception, jeudi soir à Toulouse, d’un convoi chargé de 330 kg de résine de cannabis par la police et les douanes marque une étape importante dans un vaste dossier d’importation de trafic de stupéfiants. De la résine de cannabis proposée sur la région parisienne et le nord de la France par une équipe de « Lyonnais » logée, notamment, dans le quartier de Bagatelle, à Toulouse.
Début décembre 2025, les équipes d’enquête des douanes avaient stoppé un convoi. La camionnette volée en Espagne transportait plus de 390 kg de cannabis. Dix mois plus tard, nouvel arrêt au péage de Toulouse, cette fois, pour une voiture avec 330 kg de résine. Et un pistolet-mitrailleur chargé sur les genoux du chauffeur. Le lien entre ces deux prises ? La même équipe, en partie basée dans le quartier de Bagatelle, à Toulouse, qui aurait réalisé plus de cinquante passages de stupéfiants depuis 2025 !
« De la drogue distribuée un peu partout dans l’Hexagone, en région parisienne mais pas que », indique une source proche du dossier. Le chargement intercepté ce jeudi devait être livré dans la région du Havre. « Depuis longtemps, le trafic de drogue est cloisonné. Les gens qui transportent ne sont pas forcément impliqués dans la vente ou l’achat », prévient un observateur. « Et sur certains dossiers, les chauffeurs changent même entre l’Espagne et la France », conforte un policier.
En juin, la « porteuse » s’est échappée
Comment les « gens » de Bagatelle se sont retrouvés au cœur de ces transports rémunérateurs ? Jeunes, autour d’une vingtaine d’années, le casier de ces garçons ne se nourrit pas de multiples mentions. Mais il est peu probable qu’ils donnent beaucoup de détails sur leurs activités au juge d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux qui s’était saisie du dossier après la première prise des douanes en décembre.
En juin, le chauffeur de la « porteuse », la voiture où se trouve la drogue, a réussi à échapper aux policiers et douaniers. Son véhicule, une puissante BMW, a été retrouvé brûlé du côté de Montauban, sans trace de sa cargaison qui dépasse les deux millions d’euros rendue entre les mains des dealers de rue. Et malgré les surveillances depuis plusieurs mois, ces voyageurs n’ont pas calmé le rythme de leurs déplacements.
Au moins 50 go fast depuis début 2025
Les investigations menées par l’antenne toulousaine de l’Ofast, l’office anti-stup en lien avec les spécialistes des douanes, ont identifié plus de dix voyages entre juin et octobre, et plus de cinquante depuis plus d’un an. Des transporteurs efficaces avec des cargaisons dont la valeur approche le million d’euros, prix de gros.
Les « rouleurs », ceux qui transportent la drogue, cela devient presque une tradition à Toulouse. Avant d’être condamné pour assassinat en octobre 2022, une figure de Bagatelle s’était déjà spécialisée dans ces livraisons à haut risque qui rapportent gros.
Mise en examen, incarcérations plus que probables
Plus loin, une autre personnalité des cités toulousaines, retombée depuis, et actuellement incarcérée, avait été arrêtée par les gendarmes de la Section recherches de Toulouse avec plus d’une tonne de cannabis stockée dans un box de L’Union. Une marchandise qui après son stockage à Toulouse, prenait différentes routes.
Pas de lien entre les cinq individus en cours de présentation au juge d’instruction à Bordeaux et ces anciens spécialistes. Peut-être une forme de tradition ? « Ou simplement de besoin », glisse un policier. Les mises en examen se succèdent à Bordeaux. Le dossier vise notamment l’importation et le transport « en bande organisée ». Il est ouvert au criminel.
Les avocats de la défense, notamment Mes Morgane Dupoux, Camelia Dilmi et Alexandre Parra-Baruguière, ont plaidé devant le juge des libertés et de la détention contre des réquisitions de mandat de dépôt, sans espoir d’obtenir un contrôle judiciaire. Les cinq suspects ont été incarcérés.













