Que faisait un retraité de 66 ans dans la chambre de sa voisine qui souffre d’un Alzheimer sévère ? Poursuivi pour agressions sexuelles, cet homme parle d’amour. Révoltée, la famille de la victime, qui a surpris « l’amoureux », s’indigne. Triste histoire.
Des larmes dans les yeux, l’homme l’affirme devant le tribunal correctionnel de Toulouse : « Je n’avais pas de mauvais sentiments… »
Vendredi en début d’après-midi, quartier Lardenne à Toulouse, cet homme en retraite a été surpris nu dans la chambre d’une femme, sa voisine. « Cette femme âgée de 72 ans souffre d’Alzheimer. Ses réponses aux questions des policiers montrent ses difficultés. Elle n’a pas pu être interrogée par les policiers », prévient le président Grégory Singer.
Cette maladie invalidante, le voisin n’en ignore rien. Mais selon ses explications, ses relations avec cette femme malade sont différentes. « Ma présence lui fait du bien », assure-t-il en réponse à son avocat, provoquant les regards noirs de la famille de la victime.
Surpris par la fille de la victime
Ce sont eux qui l’ont surpris, nu dans la chambre de leur mère vendredi 2 octobre. La maison est équipée de caméras qui ont permis de donner l’alerte. « Cette femme ne peut pas s’habiller seule, elle ne peut préparer ses repas. Elle a besoin d’aides quotidiennes avec l’intervention de différentes personnes », explique Me Marine Schattel, conseil de la victime et de sa famille.
« Fin septembre, une aide-soignante ne parvenait pas à entrer chez elle. Elle ne voulait pas lui ouvrir la porte. Elle m’a reconnu. Je suis intervenu pour aider l’aide-soignante. À l’intérieur, la femme m’a pris le bras avec affection. Il s’est passé quelque chose », affirme le prévenu incarcéré pendant le week-end dans l’attente de son procès.
Les constatations et l’expertise du légiste ont écarté le viol soupçonné au départ mais le parquet a retenu une agression sexuelle sur personne vulnérable. Des faits « pas contestables » pour la procureure Céline Pages. Elle requiert 18 mois de prison avec sursis probatoire, accompagné d’une obligation de soins et d’une interdiction de contact.
Proximité inquiétante
Une vision que conteste Me Jean Balbo, en défense. « Pourquoi l’amour ne pourrait pas être envisagé chez une femme malade ? Cet homme l’affirme : il s’est passé quelque chose entre eux. Pourquoi rejeter cette affection, ce sentiment partagé ? D’ailleurs le légiste n’a constaté aucune violence », argumente l’avocat.
Sa demande de relaxe n’a pas été retenue. Le tribunal condamne le retraité à 15 mois de prison avec sursis probatoire, avec une obligation de soins et une interdiction de contacts avec la victime. La justice a retenu la « surprise » et la vulnérabilité de la victime. La famille de la dame malade, sous tutelle, s’inquiète « à cause de la proximité des habitations », souligne Me Schattel.
















