En dépit des remaniements à la tête du parquet d’Auch en charge du dossier, l’enquête visant le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, pour « détournement de fonds publics » lors des municipales de 2020, se poursuit. Après une perquisition « par courrier » et la collecte de documents, un ancien collaborateur a été entendu comme témoin le 16 septembre. Et pas n’importe lequel. Explication.
Quinze mois après le dépôt de plainte de l’association Anticor pour « détournement de fonds publics », lors de la campagne des municipales de 2020, visant le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, une première audition est intervenue dernièrement. Après une perquisition par courriers et des demandes de documents (agendas, plannings) formulées par les policiers du service interdépartemental de police judiciaire de Toulouse auprès des services de la municipalité et portant sur la période préélectorale de mars 2020, un ancien membre du cabinet de Jean-Luc Moudenc a été entendu.
Un ex-collaborateur à l’origine de la procédure
Mercredi 16 septembre, cet ancien collaborateur qui est à l’origine de la procédure initiée par Anticor, a été entendu durant près de quatre heures, comme témoin, dans les locaux de la police judiciaire. Selon nos informations, il s’agit de la première audition après la plainte de l’association anticorruption déposée le 6 juin 2025 auprès du procureur de la République. Avec plus d’une centaine de documents en main (mails, copies d’agenda, échanges entre collaborateurs), Anticor reproche à Jean-Luc Moudenc d’avoir utilisé les moyens de la collectivité, en 2020, au profit de sa réélection. Des accusations réfutées par le principal intéressé.
D’autres auditions prévues
La plainte d’Anticor évoque notamment « un travail de l’ombre » effectué par une douzaine des membres du cabinet du maire « durant leurs heures de travail » et « des réunions préparatoires » au salon rouge du Capitole, entre janvier et mars 2020. Reste à savoir si ces échanges ont eu lieu en période de congés ou sur un temps qui excluait les missions classiques du quotidien. Les documents collectés par les enquêteurs devraient permettre d’y voir plus clair.
D’autres auditions sont prévues dans les prochains jours. Douze à seize proches collaborateurs, dont le directeur de cabinet de l’époque qui a quitté la municipalité, sont directement concernés. Cette affaire sensible a été dépaysée, pour davantage de sérénité, au parquet d’Auch (32). Le départ de la procureure du Gers, Clémence Meyer, suite à l’affaire Lyhanna, a retardé le cours de la procédure. Elle se poursuit désormais dans un cadre classique d’auditions de témoins, d’analyses de documents et de vérifications techniques.














