En Ariège, le syndicat des eaux du pays d’Olmes fait face à une situation financière fragile. Malgré la forte hausse des tarifs, le réseau vétuste nécessite des travaux chiffrés jusqu’à 31,6 millions d’euros, selon la Chambre régionale des comptes Occitanie.
Dans le pays d’Olmes, la hausse du prix de l’eau ne suffit pas à financer la rénovation des canalisations. C’est le paradoxe relevé par la chambre régionale des comptes Occitanie dans son contrôle du Syndicat d’alimentation en eau potable du pays d’Olmes (SAEPPO). Alors que les abonnés paient leur eau de plus en plus cher, les pertes sur le réseau restent importantes et les finances du syndicat ne lui permettent pas d’engager les travaux nécessaires.
Sept communes sont concernées : Aigues-Vives, Dreuilhe, Esclagne, Laroque-d’Olmes, Léran, Régat et Tabre. Pour les 3 046 abonnés du service, la facture a fortement augmenté. Entre 2019 et 2025, le prix du mètre cube est passé de 2,10 à 4,83 euros, soit une progression de 130% pour couvrir la hausse appliquée par le Syndicat mixte départemental des eaux de l’Ariège (SMDEA), qui assure la production de l’eau potable, dont le tarif est passé de 2,38 à 2,86 euros. La chambre régionale des comptes relève ainsi une différence de tarification entre les deux services, qui « met en exergue […] une situation d’inégalité de traitement entre les usagers ». Mais cette hausse n’a pas permis de dégager les ressources nécessaires pour remettre à niveau les infrastructures vétustes.
Des canalisations vieillissantes et des travaux coûteux
En effet, l’état du réseau constitue l’un des principaux points d’alerte du rapport. En 2024, son rendement atteignait seulement 63,8%, contre 82,4% en moyenne à l’échelle nationale. Une part importante de l’eau acheminée dans les canalisations se perd donc avant d’arriver chez les usagers.
Pourtant, leur renouvellement reste très limité : il ne représentait que 0,15% du réseau en 2024. Les besoins financiers dépassent largement les capacités du syndicat. Selon les estimations de la chambre, le remplacement des canalisations de plus de 100 ans coûterait 10,5 millions d’euros. En incluant celles de plus de 40 ans et celles dont l’âge est inconnu, le montant pourrait atteindre 31,6 millions d’euros.
Le SAEPPO ne dispose pas des réserves nécessaires pour financer ces opérations. Dans son rapport, la CRC constate que sa situation financière « ne lui permet plus de programmer les investissements nécessaires au renouvellement du réseau ».
Un accord récent avec le syndicat départemental
Pour comprendre cette fragilité, il faut revenir à la réorganisation du service en 2013. Depuis cette date, le SMDEA produit l’eau potable tandis que le SAEPPO se charge de la distribuer aux abonnés. Les conséquences financières de ce transfert n’ayant pas été suffisamment anticipées, le syndicat du pays d’Olmes a progressivement rencontré des difficultés pour régler l’eau achetée au syndicat départemental.
Les relations entre les deux structures se sont ensuite tendues, notamment autour des volumes facturés et du tarif appliqué. Plusieurs procédures devant les juridictions administratives ont alimenté ce différend, qui pèse sur l’équilibre financier du service. La chambre estime ainsi que le syndicat « n’est pas, en l’état actuel, économiquement viable ».
Une évolution est toutefois intervenue le 23 juillet 2026, avec la signature d’un protocole transactionnel et d’une nouvelle convention entre les deux syndicats. Cet accord pourrait apaiser leurs relations et contribuer à redresser les comptes du SAEPPO. Reste à savoir si cette amélioration permettra de financer les travaux attendus sur le réseau, alors que les pertes d’eau et le vieillissement des canalisations demeurent des enjeux majeurs pour les communes desservies.















