Malgré l’interdiction préfectorale, plusieurs milliers de personnes ont défilé ce samedi dans les rues de Toulouse contre la vie chère. D’abord bon enfant, le rassemblement a progressivement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, marqués par des tirs de gaz lacrymogènes, des mouvements de foule et quelques blessés.
Les semaines se suivent et se ressemblent.
À Toulouse, malgré l’interdiction de la manifestation contre la vie chère, plusieurs milliers de personnes – 5 000 selon la préfecture – se sont rassemblées autour de Jean-Jaurès en début d’après-midi. Dans une ambiance d’abord bon enfant, les manifestants, des jeunes pour l’essentiel, ont fait preuve d’imagination pour exprimer leurs revendications.
Certains étaient grimés en père Noël, Napoléon ou encore Spiderman, tandis que fusaient des slogans hostiles à l’État et à la police. Sur le fond, les revendications restent les mêmes. « Les salaires qui sont bas, le prix de l’essence, on survit plus qu’on ne vit », confie Maïlis, technicienne de laboratoire de 23 ans. « On est aussi là contre les violences policières et en soutien aux lycéens », ajoute son amie Erell, 25 ans, à ses côtés.

Au bout d’une heure, le cortège s’est mis en marche en direction de la médiathèque José-Cabanis. Des face-à-face tendus avec les forces de l’ordre ont donné lieu à de nombreux tirs de gaz lacrymogènes. Au moins une personne a été blessée à la tête.
« Il y a eu un mouvement de panique »
Un peu plus loin, du côté du jardin de l’Observatoire, un mouvement de foule a entraîné la dispersion de plusieurs manifestants dans le parc. Pour y accéder, certains n’ont pas hésité à escalader, voire à forcer les grilles.

« On a été nassés, il y avait des gaz lacrymos. Ils ont gazé encore, mais la rue était restreinte. On a tourné dans la rue, sauf qu’il y a eu un mouvement de panique. On a essayé de se réfugier dans le parc. En escaladant, des gens sont tombés, il y a eu des blessés. On en a vu trois en cinq minutes », raconte Anthony, la vingtaine, les yeux rougis par les gaz.
Après plusieurs épisodes de jeu du chat et de la souris entre la médiathèque et Jolimont, le cortège a fini par se disperser, laissant derrière lui plusieurs poubelles incendiées. Vers 18 heures, la manifestation était terminée.
À 18 h 30, 24 personnes, dont cinq mineurs, avaient été placées en garde à vue.
















