Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Capitole, à Toulouse, ce samedi matin, pour réclamer une loi intégrale qui lutterait contre les violences sexuelles. Un mois après la mort de Lyhanna, jeune fille de 11 ans, dans le Gers, la colère ne retombe pas.
« On ne pardonne pas pour Lyhanna et on n’oublie pas ! ». Voici un des slogans scandés par la foule, samedi 4 juillet 2026, place du Capitole. Regroupées à l’ombre de la mairie de Toulouse, autour d’une tonnelle, les plus de 300 personnes ont réclamé à nouveau l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, un mois après l’affaire Lyhanna. D’autres rassemblements se sont tenus dans 80 villes à travers la France.
Forcément, le souvenir du décès de la jeune collégienne de 11 ans est toujours vif. Une minute de silence a eu lieu, avant des applaudissements nourris en hommage à Lyhanna. Des discours de syndicats ont suivi, appelant à « moins d’hommages et plus d’actes ». Nadia, Toulousaine originaire du Nicaragua, trouve « inacceptable d’entendre le discours de « on est dépassés », « on n’a pas assez de ressources » ‘(…), au Nicaragua ou en Birmanie où j’ai vécu, même avec de la précarité, les organisations arrivaient à mettre en place des systèmes de protection. Pour moi c’est une question de volonté ».
Fin 2024, une coalition de 130 organisations avait proposé un ensemble de 140 mesures destinées à lutter de façon globale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, sur le modèle de l’Espagne.
Maintenir la pression sur l’État
L’examen du texte est prévu en septembre prochain en commission à l’Assemblée nationale, a indiqué le 23 juin dernier le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais les collectifs et syndicats ne comptent pas rester les bras croisés d’ici là : « On a quelques réserves sur la volonté du gouvernement », affirme Alexandra Nougarede, de FSU 31. « Donc on continue pour leur montrer qu’on est là. Et puis il faut des moyens. Il faut trois milliards de budget pour assurer que la loi-cadre ne soit pas qu’un bout de papier. »
Est-ce que l’été et les grandes vacances qui viennent de commencer peuvent affaiblir la mobilisation ? Les organisateurs souhaitent rester mobilisés et appellent à un rassemblement chaque lundi à 18h devant le Palais de justice de Toulouse.
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