La 42e édition du rallye aérien Toulouse-Saint-Louis du Sénégal s’élance samedi 19 septembre de l’aérodrome Toulouse-Lasbordes. C’est le plus grand rallye aérien régulier au monde retraçant les routes de l’Aéropostale. Michel Polacco, journaliste, spécialiste aéronautique en est le parrain.
Ici Occitanie vous fait vivre le rallye Toulouse-Saint-Louis du Sénégal qui part samedi 19 septembre de l’aérodrome Toulouse-Lasbordes. 14 avions et équipages embarquent sur les traces des pionniers de la ligne aéropostale. Un journaliste de la rédaction sera d’ailleurs du voyage cette année. Le parrain de cette 42ème édition est le journaliste Michel Polacco, spécialiste de l’aéronautique.
Ici Occitanie : Vous êtes journaliste, vous-même pilote, vous avez participé à la toute première édition du rallye aérien, 10 000 kilomètres à bord de ces petits avions, vous en gardez quel souvenir ?
Michel Polacco : Je garde un souvenir merveilleux de cette aventure parce que ça m’a plongé dans ce monde des pionniers de l’aéronautique. En 1918, Pierre-Georges Latécoère décide, alors que la guerre n’est pas encore terminée, d’ouvrir des lignes aériennes pour pouvoir transporter du courrier, avec un but c’est d’atteindre Dakar et à terme Santiago du Chili. Et tous ces gens qui vont travailler sur cette ligne, des pilotes, des mécaniciens, des observateurs, des interprètes vont traverser des paysages et des pays qui sont parfois très hostiles, comme le Sahara occidental.
C’est dangereux cette aventure ?
A l’époque de Pierre-Georges Latécoère et de Marcel Bouilloux-Lafont, entre 1918 et 1933, c’était dangereux. Les pionniers des lignes Latécoère et de l’aéropostale ont perdu 121 de leurs pilotes, mécaniciens, interprètes et radios. C’était quand même très dangereux entre ceux qui tombaient en panne dans le désert et qui étaient faits prisonniers par des rebelles ou ceux qui étaient accidentés parce que les conditions météorologiques faisaient qu’il fallait absolument que ça passe ou que ça casse, c’était la règle fixée par Didier Daurat, qui était le patron de ces lignes. Mais ils ont réussi avec des pilotes comme Jean Mermoz, Guillaumet, Saint-Exupéry à ouvrir ces lignes, mais au prix de nombreuses aventures inouïes, comme celle de Guillaumet dans la Cordillère des Andes.
Les conditions ont évolué, à quoi faut-il s’attendre aujourd’hui ?
Aujourd’hui les avions sont beaucoup plus fiables, les moteurs des Breguet 14 utilisés par la postale avaient à peine 50 heures de potentiel. Alors qu’aujourd’hui, les moteurs des avions que nous utilisons ont 2500 heures de potentiel, ça n’a plus rien à voir, et puis on a des outils d’aide à la navigation, on a le GPS, et puis les pilotes sont informés, ils ont appris de leurs anciens. Il n’y a pas non plus cette pression à créer ces lignes et à transporter ce courrier, qui était un courrier sacré pour les amis de Saint-Exupéry qui n’hésitaient pas à décoller pour aller chercher juste les sacs. Ce n’est pas non plus une promenade de santé parce qu’il fait chaud, parce que c’est difficile, parce qu’il ne faut pas se tromper, mais ce n’est pas dangereux.
C’est important d’honorer cette mémoire et de perpétuer chaque année ce rallye ?
Je suis très fier d’être parrain de ce rallye. Je n’imaginais pas en 1983 que cette aventure se poursuivrait si longtemps qu’on en arriverait à la 42e édition et qu’on pourrait ainsi maintenir l’esprit des pionniers, entretenir les relations avec l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal qui ont accueilli tous ces gens qui au péril de leur vie ont créé ces lignes, en concurrence avec les Allemands. C’est quelque chose de très émouvant, et puis je suis un fan de Saint-Exupéry et de tous les auteurs qui ont écrit sur ces voyages. Il y a toute une littérature qui va avec cette aventure, une culture.
Un conseil à donner à notre reporter, Théo Caubel, qui part pour ce rallye ce 19 septembre pour ICI Occitanie ?
Cela va vous faire rire mais j’ai le souvenir à Agadir, lorsque nous étions à l’époque 23 équipages que le médecin qui nous accompagnait nous avait dit de nous mettre devant les avions, de baisser nos pantalons pour nous faire une piqûre afin d’éviter la tourista, c’est certainement le plus grand danger.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555











