Cinq mois après la reprise de la ligne Toulouse-Orly par Transavia, le président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) dresse un premier bilan de la filiale low cost d’Air France dans la Ville rose. Philippe Crebassa annonce aussi les principales nouveautés qui attendent les voyageurs.
La Dépêche du Midi : Cinq mois après le remplacement de La Navette Toulouse-Orly d’Air France par Transavia, comment se porte la ligne ?
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Philippe Crebassa, président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac : La greffe Transavia a bien pris et le bilan global est très positif. Si durant les toutes premières semaines d’exploitation les coefficients de remplissage restaient modestes, on note depuis le mois de juillet une nette progression de la fréquentation. Elle dépasse désormais les 85 %. La compagnie a donc décidé d’ajouter une neuvième fréquence quotidienne en semaine à partir de la saison hiver, c’est-à-dire à compter du 25 octobre prochain. Ce vol supplémentaire sera opéré le matin les lundis, avec un décollage à 6 h 30 d’Orly et à 8 h 35 de Toulouse. Du mardi au vendredi, ce vol additionnel s’effectuera en milieu d’après-midi, avec un départ à 14 h 40 de Paris et à 16 h 45 de la Ville rose.
Est-ce que d’autres changements significatifs sont prévus pour la filiale à bas coût d’Air France à Toulouse ?
Oui, à partir du 6 décembre prochain, Transavia opérera la totalité de ses vols au départ et à destination de Toulouse en Airbus A320neo. Pour l’ensemble de nos passagers, cela signifie qu’ils disposeront d’une cabine toute neuve, de plus de place dans les coffres pour ranger leurs bagages, de sièges plus larges et plus inclinables, ainsi que de ports USB. Par rapport aux Boeing 737 que la compagnie exploitait jusqu’à maintenant, la cabine va vraiment gagner en confort.
Comparée à La Navette d’Air France, de nombreux passagers estiment que Transavia n’opère pas assez de fréquences entre Toulouse et Orly, et que la ponctualité n’est pas toujours au rendez-vous. Que leur répondez-vous ?
La compagnie est sur une trajectoire d’amélioration continue du produit. L’annonce de cette neuvième fréquence et le changement de type d’avion en sont la preuve. Concernant la ponctualité, Transavia se situe actuellement dans la moyenne, autour de 69 % pour les arrivées sur la plateforme de Toulouse et de 64 % pour les départs. C’est un niveau qui reste loin du standard attendu sur notre marché, qui se situe autour de 80 %. Néanmoins, cela s’explique par des circonstances exceptionnelles cet été et Transavia n’est pas la seule concernée. Nous avons en effet subi d’importantes régulations du contrôle aérien, les épisodes météorologiques compliqués ont eu des conséquences sur la ponctualité des vols. Enfin, la mise en œuvre du nouveau système européen d’entrée-sortie de l’espace Schengen (EES), qui impose aux passagers originaires de pays tiers qui se présentent pour la première fois au contrôle aux frontières de s’enregistrer, a retardé de nombreux vols.
Beaucoup de voyageurs trouvent que les tarifs de Transavia demeurent élevés pour une compagnie qui se dit à bas coût. Quelle est votre analyse sur la grille tarifaire ?
Le tarif dépend vraiment de la période à laquelle vous choisissez de voyager, du niveau d’anticipation de votre réservation et de l’horaire retenu… Si vous prenez par exemple un vol deux mois à l’avance, vous trouverez sans aucune difficulté des billets à partir de 38 €. C’est difficile d’en vouloir à une compagnie aérienne sur ce point : c’est un acteur économique qui applique le principe du « yield management ». Transavia fait varier la grille de ses prix en temps réel en fonction de la demande, comme le font toutes les autres compagnies. La direction de Transavia reviendra très probablement à Toulouse d’ici la fin de l’année pour faire un premier bilan approfondi et tracer des perspectives. N’oublions pas que cette liaison aérienne n’existe que depuis quelques mois. Elle est encore toute jeune. Laissons-lui le temps nécessaire pour mûrir et pour grandir.












