Le château du Tour, à Prades dans le Tarn, fait partie des 100 sites départementaux retenus pour l’édition 2026 du Loto du patrimoine. Plusieurs éléments de l’édifice sont aujourd’hui en mauvais état et des travaux doivent permettre de le préserver.
Le château du Tour, à Prades (Tarn), va bénéficier du soutien de la Mission patrimoine. La liste des 100 projets départementaux sélectionnés pour l’édition 2026 a été dévoilée le 31 août dernier. Un site a été choisi dans chaque département. Treize projets sont en Occitanie.
Le site, situé à environ 20 kilomètres au Sud-Est de Lavaur, est aujourd’hui considéré comme étant en état de péril. « Deux tours sont à soutenir et rebâtir. L’effondrement de ces éléments endommage la structure globale de l’édifice », explique la Fondation du patrimoine. Une autre partie du château est également fragilisée. La balustrade du XVIIᵉ siècle qui couronnait le rempart a été pillée, ce qui provoque désormais sa dégradation.
Mais la situation pourrait encore s’aggraver. Si rien n’est fait rapidement, le rempart pourrait disparaître et entraîner « l’affaissement de la cour-terrasse qu’il soutient », selon la fondation. Les piliers monumentaux du portail présentent eux aussi des signes de dégradation. L’eau s’infiltre et détériore ses pierres, tandis que les sculptures disparaissent progressivement.
Les travaux doivent être réalisés dans le respect des techniques traditionnelles. Ils s’inscrivent dans un projet d’ensemble engagé depuis plusieurs années par les propriétaires du château. La restauration doit notamment tenir compte de l’étude archéologique du bâti.
Un château du Tarn avec des traces de plusieurs époques
Le château est installé au sommet d’un relief. Le début de son histoire remonte au XIᵉ siècle et il a été continuellement habité. Plusieurs périodes de construction se côtoient donc aujourd’hui dans cet édifice.
À l’origine, le site était une simple fortification installée sur une butte. Au XIIIᵉ siècle, le château a été détruit lors des croisades contre les Cathares. Il a ensuite été entièrement reconstruit au XVᵉ siècle, avant de connaître les guerres de Religion au XVIᵉ siècle.
À cette époque, il était habité par les Du Puy du Tour, une famille protestante influente. Marguerite de Corneilhan, l’une des habitantes du château, participa avec d’autres femmes à la défense de Saint-Paul-Cap-de-Joux, le village voisin. Henri de Navarre, futur roi Henri IV, est également passé par le château lorsqu’il s’y rendait pour signer un traité visant à apaiser les tensions entre catholiques et protestants. La culture du pastel, qui a fait la richesse de la région, a ensuite permis des aménagements aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.
Un projet tourné vers la transmission
La restauration permettra la mise en place d’un projet de valorisation et d’animation du site. Des ateliers pédagogiques sont prévus pour le jeune public et les scolaires, autour des techniques de construction traditionnelles et de l’archéologie du bâti.
Le montant de la dotation attribuée au château du Tour n’est pas encore connu. La Fondation du patrimoine indique que les sommes accordées aux 100 sites départementaux seront annoncées en fin d’année, en fonction des ventes des jeux Mission Patrimoine. Depuis 2018, ce dispositif, qui inclut un jeu à gratter et le Loto du patrimoine, a déjà aidé plus de 1 080 sites pour leurs travaux de restauration, selon la Fondation du patrimoine.
















