Les tensions au Grand Mirail à Toulouse augmentent depuis mi-août, avec comme point culminant, la mort d’un jeune homme de 18 ans mardi 15 septembre quartier Bellefontaine. Les points de deal y sont de plus en plus lucratifs et ils attisent les convoitises.
Après la mort d’un jeune homme de 18 ans dans le quartier Bellefontaine à Toulouse, mardi 15 septembre 2026, une enquête est en cours pour meurtre en bande organisée. Elle est menée par les services de la DCOS, la division de la criminalité organisée et spécialisée, a indiqué le parquet de Toulouse. La victime, connue de la justice pour des faits liés au trafic de stupéfiants, a été abattue cheminement Francisco-de-Goya, au pied de barres d’immeubles, selon une source proche de l’enquête. Il s’agit d’un point de deal bien connu et actif du Grand Mirail, là où les faits de violence s’intensifient depuis plusieurs semaines.
« Une grande tension » dans le quartier
Après le meurtre du 6 septembre d’un autre jeune homme de 23 ans à La Faourette, des coups de feu ont été tirés en l’air, samedi 12 septembre, à 500 mètres du commissariat. Des impacts de balles de kalachnikov ont été retrouvés sur place. Il n’y a pas eu de blessé. Aucune personne n’a été interpellée. Une source policière avait alors confié à ICI Occitanie ressentir « une grande tension » depuis plusieurs semaines dans le quartier Bellefontaine. Christophe Amans, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP FO de Haute-Garonne, confirme et date à la mi-août l’intensification des violences au Grand Mirail.
Jusqu’à 30.000 euros pour un point de deal
Selon le policier syndiqué, ce secteur, composé de Bellefontaine, Basso Cambo, La Reynerie, ou encore La Faourette, abrite cinq points de deal. Ils sont tous très lucratifs : « Ce sont des points qui rapportent beaucoup d’argent. On parle de bénéfices pouvant aller jusqu’à 30.000 euros par jour. Donc à chaque fois qu’on a eu une personne tuée, c’est lié à 99 % au trafic de stupéfiants. » La drogue, d’après lui, n’est que la partie visible de l’iceberg des « affaires » des délinquants. « On est sur du grand banditisme. On parle de réseaux organisés avec en fond de tableau de l’argent facile. Et donc récupérer un point de deal c’est récupérer beaucoup d’argent pour, derrière, acheter des armes ou autre chose. C’est pour ça que c’est très convoité. » Des compagnies de CRS sont présentes en renfort dans le Grand Mirail pour tenter d’endiguer ce trafic.
Un mode opératoire « classique »
Le jeune homme abattu chemin Francisco de Goya a été tué par deux personnes à scooter selon les premiers éléments. Les auteurs de tirs présumés sont toujours activement recherchés ce jeudi. Un mode opératoire « classique » d’après Christophe Amans, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP FO de Haute-Garonne : « Ça permet de se rapprocher très près des personnes visées, et rapidement. Après le meurtre, les délinquants ne sont pas bloqués et peuvent passer n’importe où. En plus, ils vont très vite car ils sont sur des gros cylindrés. Et ils sont casqués donc pas identifiables. C’est un des moyens les plus utilisés. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














