Golfech a présenté sa candidature pour accueillir deux nouveaux réacteurs EPR2. Alors qu’EDF examine six sites en lice, le Tarn-et-Garonne met en avant son expérience nucléaire et ses infrastructures, tout en devant répondre à l’enjeu du refroidissement lié à la Garonne.
Des milliers d’emplois potentiels, plusieurs années de travaux et un projet industriel parmi les plus importants annoncés en Occitanie : le Tarn-et-Garonne joue une carte majeure avec la candidature de Golfech aux futurs réacteurs EPR2. Ce mercredi 16 septembre, une délégation réunissant élus locaux, représentants de l’État et Région Occitanie a présenté son dossier au PDG d’EDF, Bernard Fontana.
Cette audition fait partie du processus de sélection des sites appelés à accueillir les réacteurs nucléaires nouvelle génération. Après la validation de celui de Penly, de Gravelines ou encore du Bugey, Golfech a donc défendu ses atouts devant la direction d’EDF.
Pour les acteurs locaux, le principal argument tient à l’histoire industrielle du territoire. Les deux réacteurs actuels de Golfech sont en service depuis le début des années 1990 et la centrale couvre aujourd’hui environ 40% des besoins en électricité de l’Occitanie : « Un gage d’expertise et de culture de sûreté », selon le comité chargé d’accompagner la candidature. Autour du site, un réseau d’entreprises, de sous-traitants et de salariés spécialisés s’est progressivement développé. À l’échelle régionale, la filière représente « plus de 790 établissements et près de 20 000 emplois », compte Carole Delga, présidente de la Région. Les porteurs du projet estiment qu’une paire d’EPR2 « pourrait générer plus de 10 000 emplois sur le territoire ».
La Garonne au cœur du dossier
Mais la candidature de Golfech pourrait se heurter à une problématique très concrète : celle de l’eau. Comme les installations actuelles, d’éventuels nouveaux réacteurs dépendraient de la Garonne pour leur refroidissement.
Or, lors des épisodes de fortes chaleurs, la température du fleuve peut devenir une contrainte pour l’exploitation. Un arrêté de 2006 autorise déjà EDF à réduire la puissance de ses réacteurs ou à les arrêter temporairement lorsque la température moyenne quotidienne de la Garonne dépasse 28°C en aval de la centrale. Ce qui a été le cas à plusieurs reprises cet été. Cette problématique fait désormais partie des critères étudiés par EDF. Bernard Fontana a indiqué que le groupe examinerait notamment « la qualité du sol, l’accès au réseau, et les sources de refroidissement sobres en eau », ainsi que l’engagement des territoires.
Pour répondre à ces enjeux, EDF prévoit des investissements destinés à adapter son parc nucléaire au changement climatique. À Golfech, des aéroréfrigérants supplémentaires sont notamment envisagés pour réduire la température de l’eau rejetée.
Le verdict est attendu avant la fin de l’année 2026, lors d’un Conseil de politique nucléaire.

















