Ancien compagnon de route de Rémy Daillet, au sein du MoDem de François Bayrou, le Toulousain Pierre Claret, aujourd’hui conseiller de Jean Lassalle, explique que c’est le patron de Mediapart, Edwy Plenel, qui était visé par la macronie à travers les frasques de son cousin, après les révélations sur l’affaire Benalla. Mais Edwy Plenel dément catégoriquement ces « affabulations ». Rocambolesque…
Entre réseau complotiste, dérive sectaire, projet de coup d’État contre le gouvernement français et croisade contre la pédopornographie mondiale, la personnalité de Rémy Daillet dessinait déjà le portrait d’un illuminé. Mais celui qui s’est assis ce mardi avec ses comparses dans le box des accusés du tribunal correctionnel de Paris pour le procès de l’enlèvement rocambolesque de Mia pourrait encore rajouter de la confusion dans une affaire toujours très nébuleuse.
À Toulouse, Pierre Claret, le conseiller en communication et stratégie de Jean Lassalle, affirme en tout cas que son ancien compagnon de route au sein du MoDem de François Bayrou est victime d’un coup politique à plusieurs bandes. « L’enlèvement de la petite Mia n’a rien à voir avec ce qu’il voulait faire au départ, à savoir mener à bien l’opération Azur qui visait à faire tomber le régime et prendre le pouvoir, affirme-t-il. Il est clair que le projet était un peu fou, mais pour moi, à travers cette histoire de droit commun, on lui a tendu un piège pour pouvoir l’extrader plus facilement de Malaisie où il vivait. »
Interrogé par les enquêteurs
Arrêté et expulsé en 2020, Rémy Daillet bénéficiait jusqu’alors dans ce pays du statut de réfugié politique qui le mettait à l’abri d’une extradition. Mais avec un visa arrivant à échéance et une mise en cause dans l’affaire Mia, son sort était scellé. « Cette histoire est plus politique qu’on ne le croit. Il faut savoir que Rémy est le cousin germain d’Edwy Plenel, le patron de Mediapart, avec qui il déjeunait régulièrement, veut croire Pierre Claret. Le média venait de sortir l’affaire Benalla et avait d’autres révélations sur le feu concernant la macronie et le chef de l’État. J’ai toujours pensé qu’il y avait un lien et que le pouvoir a ainsi tenté de faire pression sur Plenel. »
Le conseiller de Jean Lassalle, qui a été interrogé à l’époque par la police, assure qu’il avait dévoilé ce « dessous des cartes » dans une interview télévisée mais que rien n’a finalement été diffusé. Selon lui, l’enlèvement de Mia serait un coup monté de toutes pièces. « Certes, Rémy est quelqu’un de brillant et de manipulateur, mais les gens qui ont été pris dans l’enlèvement de Mia sont une bande de pieds nickelés. Parmi les personnes mises en cause, il n’y en a qu’une, le chauffeur de l’expédition, qui a été bizarrement libéré immédiatement et retrouvé par les médias. Pourquoi si ce n’est pour impliquer Rémy Daillet ? » demande Pierre Claret. Il n’est pas dit que le procès réponde à ses interrogations.
Le démenti d’Edwy Plenel
De son côté, le fondateur de Mediapart dément catégoriquement toutes ces allégations. « Au-delà du complotisme de ce témoignage, auquel les enquêteurs n’ont évidemment accordé aucun crédit, la preuve étant qu’ils ne m’ont pas sollicité, j’oppose le démenti le plus catégorique à ses affabulations, nous a-t-il précisé. L’expression ‘cousin germain’ induit une proximité qui n’a jamais existé. Rémy Daillet est l’un des enfants d’un cousin de mon père, l’ex-député MRP puis UDF Jean-Marie Daillet, qu’il ne fréquentait pas tant leurs opinions et leurs itinéraires divergeaient. Dans mon souvenir, je n’ai rencontré Rémy Daillet qu’à deux occasions, lors de rares rencontres familiales où il accompagnait son père. C’était bien avant la création de Mediapart en 2008. Je n’ai par la suite entretenu aucune relation avec lui, dont tout me sépare, et encore moins déjeuné régulièrement avec lui ». Dont acte.











