La Caisse primaire d’assurance maladie a dénoncé les facturations particulières d’une chirurgienne-dentiste qui exerce à Toulouse. La Sécurité sociale dénonce une escroquerie qui porte sur plus de 300 000 euros. La praticienne affirme avoir voulu offrir des soins. Placée sous contrôle judiciaire, cette femme sera jugée début mars par le tribunal correctionnel de Toulouse.
Quand les policiers de la brigade financière ont commencé à regarder les comptes d’une dentiste installée dans le quartier du Mirail, à Toulouse, ils ont découvert quelques incongruités. La Caisse primaire d’assurance maladie, qui avait sonné l’alerte, dénonçait des facturations fictives, parfois doubles ou des cotations fausses. Elle estimait son préjudice à 330 000 euros sur une période entre 2020 et 2023.
Placée en garde à vue avant l’été, la praticienne a affirmé que ces hypothèses, et ces soupçons, cachaient au contraire une manière de proposer des actes gratuits à ses patients peu à l’aise financièrement. Les enquêteurs du service local de police judiciaire de la Rive gauche ont pourtant retrouvé pas mal d’argent sur les comptes de la suspecte dont le train de vie n’avait rien de modeste.
Mais également des mouvements d’argent vers l’étranger qui ont entraîné d’autres soupçons et de nouvelles vérifications. L’argent partait vers la Turquie. Nouveaux détournements ? Non répond la dentiste qui évoque le paiement de prothèses à un professionnel local, ce qui est strictement interdit par les règles de la Sécurité sociale. Peu convaincus, les enquêteurs ont tenté de suivre le flux financier mais sans parvenir à affirmer l’arnaque.
Contrôle judiciaire et convocation devant le tribunal
Reconvoquée en début de semaine, cette femme âgée de 56 ans a conservé la même ligne de défense, affirmant vouloir aider les plus démunis et ne pas chercher à s’enrichir. Le parquet, peu convaincu par l’altruisme de cette dame, a fait procéder à une saisie supérieure à 100 000 euros sur ses comptes.
À l’issue de la présentation mardi au procureur de permanence, la dentiste est désormais convoquée pour s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Toulouse début mars. Placée sous contrôle judiciaire, elle a l’interdiction de quitter le territoire français et doit régler une caution de 20 000 euros. Le parquet voulait également lui interdire d’exercer, mais la mesure n’a pas été retenue par le juge des libertés et de la détention.













