La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a contrôlé la gestion de l’aérodrome de Pamiers-Les Pujols. Activité, financements publics, état des installations : son rapport pointe plusieurs ajustements à réaliser et invite à préciser l’avenir de la plateforme ariégeoise.
L’aérodrome de Pamiers-Les Pujols tient son cap, même s’il reste quelques réglages à effectuer. C’est, en résumé, la conclusion du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie, qui a procédé au contrôle des comptes et de la gestion du Syndicat Mixte pour l’Aménagement et l’Exploitation de l’Aérodrome d’Intérêt Départemental de Pamiers-Les Pujols. Activité, financement, état des installations : le document a passé au crible la plateforme ariégeoise entre 2019 et 2025.
Selon les données examinées par la juridiction financière, l’aérodrome a trouvé son rythme de croisière. Il enregistre environ 18 000 mouvements d’aéronefs par an et se situe au sixième rang des 17 aérodromes d’Occitanie ayant déclaré des vols non commerciaux. Entre 2019 et 2025, l’activité a même légèrement progressé, de 0,6% par an en moyenne.
Ce sont surtout les usages qui ont changé. Le rapport de la Chambre régionale des comptes montre que la plateforme est aujourd’hui largement tournée vers le parachutisme, la formation et les missions de secours. Le Centre École de Parachutisme de l’Ariège (CEPS) représente à lui seul 43% des mouvements. Le 1er régiment des chasseurs parachutistes y effectue également des entraînements, tandis que la section aérienne de la gendarmerie utilise l’aérodrome pour des opérations de secours aux personnes, notamment en montagne.
🛩️ 🪂Pamiers-les Pujols (Ariège) : un #aérodrome dédié principalement à la pratique du #parachutisme, qui dispose d'importantes réserves financières pour soutenir une stratégie de développement restant à définir. 🚩Pour en savoir plus ⤵️https://t.co/sP6NzU0BK3 #Pamiers pic.twitter.com/kF0tdgFAQT
— Chambre régionale des comptes Occitanie (@crcoccitanie) September 14, 2026
La formation au pilotage prend également de l’ampleur. « Les écoles apprécient l’infrastructure, dotée d’un service d’information de vol » , relève la Chambre. À l’inverse, l’aviation d’affaires apparaît beaucoup moins développée que ce que la vocation initiale de l’aérodrome pouvait laisser espérer. Le rapport ne recense qu’une liaison régulière d’affaires entre Lyon et Pamiers et souligne que « les installations sont assez dégradées » pour ne pas être particulièrement propices à l’accueil d’une clientèle professionnelle.
Près de 1,6 million d’euros de contributions publiques
Le financement de l’équipement constitue un autre volet important du contrôle réalisé par la Chambre régionale des comptes. Entre 2019 et 2025, le syndicat mixte a bénéficié d’environ 1,6 million d’euros de subventions publiques. Le Département de l’Ariège en a apporté la moitié. Les cinq communautés de communes membres ont contribué à hauteur de 45 %, tandis que la chambre de commerce et d’industrie a pris en charge les 5 % restants. D’après les calculs de la Chambre, ces contributions ont représenté environ 65% des produits de gestion courante du syndicat durant la période étudiée.
Pour autant, le contrôle des comptes réalisé par la CRC fait aussi apparaître des marges financières. Le syndicat a dégagé 719 000 euros d’épargne brute cumulée entre 2019 et 2025. Fin 2025, sa trésorerie pouvait couvrir plus de deux années de charges courantes et son endettement était quasiment nul.
Des travaux à engager avant de décider de l’avenir du site de Pamiers
Le contrôle de la Chambre régionale des comptes porte également sur les investissements réalisés sur la plateforme. Son rapport constate que moins d’un quart des nouvelles dépenses d’équipement votées sur la période contrôlée ont effectivement été exécutées.
Plusieurs interventions identifiées dans les audits de sécurité de la Direction générale de l’aviation civile n’ont notamment pas été réalisées. Le marquage de la piste aurait ainsi dû être repris depuis 2024. L’opération a été reportée dans l’attente de travaux sur les cuves, qui nécessitent eux-mêmes des études encore non engagées au moment du contrôle. Le syndicat concède que « le niveau de sécurité peut être amélioré » mais estime qu’il est « suffisant pour permettre de disposer des autorisations d’exploitation de l’aérodrome par les autorités de contrôle, en conformité avec les règles techniques ».
Pour la Chambre, les moyens financiers existent pour engager des investissements. La question est donc surtout de savoir quelle direction donner à l’aérodrome de Pamiers-Les Pujols. La juridiction financière préconise une réflexion associant les collectivités, les usagers et les autres acteurs concernés afin de définir une stratégie à long terme.
Cette réflexion devrait notamment permettre de préciser le rôle de la plateforme dans le développement économique de l’Ariège et dans le soutien aux activités militaires, tout en prenant en compte les riverains et l’environnement. Une recommandation partagée par le syndicat mixte, qui a d’ailleurs accueilli, dans cet objectif, le ministre chargé des Relations avec le Parlement Laurent Panifous, en juin dernier. Ce dernier a annoncé que le développement de l’aérodrome des Pujols était inscrit dans la loi de programmation militaire de 2026, ce qui permettrait plusieurs évolutions, dont l’agrandissement de la piste et l’adaptation du site à l’économie des drones.












