L’insécurité à Launaguet (Haute-Garonne) inquiète de plus en plus les habitants. Après une nouvelle agression à l’arme blanche dans une résidence près de la mairie, le bailleur promet caméras et actions judiciaires pour apaiser un secteur sous tension. La victime raconte cette scène d’une rare violence.
Depuis plusieurs mois, de nombreux habitants de Launaguet, près de Toulouse, s’inquiètent d’une dégradation de la sécurité dans certains secteurs de la commune, notamment aux abords du centre-ville et des résidences situées près de la mairie. Incivilités répétées, altercations violentes, interventions régulières des forces de l’ordre, tensions de voisinage qui dégénèrent : plusieurs riverains affirment ne plus retrouver la tranquillité qui faisait jusqu’ici l’image paisible de la commune. Fin janvier, une rixe avait éclaté, occasionnant des coups de couteau et faisant une victime présentant une plaie de 15 centimètres.
Tabassé et tailladé
Ce week-end encore, un nouvel épisode de violence, survenu dans une résidence située à proximité immédiate de la mairie et de la police municipale, a profondément choqué plusieurs habitants du quartier. Un homme a été blessé par arme blanche par son voisin, lequel faisait du bruit et dégradait son logement à la suite d’une dispute avec sa compagne. Selon plusieurs témoignages, la victime aurait tenté de calmer son agresseur et de le raisonner avant d’être touchée au ventre par un objet tranchant. La blessure, longue de plusieurs centimètres, a nécessité une prise en charge médicale. Le blessé bénéficie actuellement de cinq jours d’ITT, d’un rendez-vous chez le médecin légiste ainsi que d’un suivi psychologique afin de surmonter ces faits particulièrement traumatisants.
« Nous avons l’impression de ne pas être entendus »
« Nous n’avions pas d’antécédents », confie Benjamin*, 25 ans. « Le couple de voisins se dispute très souvent, et parfois violemment. J’ai du mal à me remettre de cette agression à l’arme blanche. Désormais, je ne me sens plus rassuré pour mes voisins, mes amis, ma famille et les enfants du quartier. » Une inquiétude partagée par plusieurs habitants du secteur. « Nous nous sommes déjà plaints », explique une voisine. « Nous avons l’impression de ne pas être entendus. Nous sommes dans l’une des seules communes sans caméras de surveillance. Il faut véritablement que la mairie maîtrise la situation dans les logements sociaux, d’autant plus ceux situés face à l’hôtel de ville. » Dans ce quartier, la situation semble s’envenimer de semaine en semaine, alimentant l’inquiétude croissante des riverains. Une pétition circule afin de demander plus de sécurité dans le secteur.
Le bailleur promet plainte et caméras de vidéosurveillance
Face à la « gravité inédite » de ces événements survenus rue de l’Égalité, le bailleur social Promologis a tenu à exprimer son soutien au résident victime des violences et lui a adressé ses vœux de prompt rétablissement. L’organisme, qui gère sept des treize logements de cette copropriété, a annoncé le déploiement rapide de mesures concrètes. Une proposition pour équiper la résidence de « caméras de vidéosurveillance » sera soumise lors de la prochaine assemblée générale, sur la base de devis déjà réalisés. En parallèle, Promologis prévoit d’engager les « procédures judiciaires nécessaires » dès que les conclusions de l’enquête de police seront connues. « Nos équipes ont pris ces derniers jours contact avec les locataires et propriétaires de la résidence dans une perspective d’écoute et d’appui. Les habitants ont notamment été informés de la possibilité de déposer une plainte à l’encontre de l’agresseur, au motif de graves troubles de voisinage ».
Selon une source proche de l’enquête, le mis en cause, inconnu de la justice, a été placé en garde à vue mercredi dernier. Celle-ci a finalement été levée afin de permettre la réalisation d’investigations complémentaires. Contactée, la mairie de Launaguet n’a pas répondu à nos sollicitations.













