Un homme de 26 ans, soupçonné d’approvisionner un réseau toulousain en héroïne, a été interpellé ce vendredi 29 mai avec 3,5 kg de drogue dans sa valise. Les enquêteurs suivaient depuis près d’un an ce trafic organisé autour d’un compte Telegram.
Le voyageur était devenu familier des longs trajets. Régulièrement, il partait de la gare Matabiau à Toulouse en direction du nord de la France avant de revenir. Ce vendredi 29 mai, après son périple, cet homme de 26 ans envisageait de descendre à la gare de Bordeaux. Des policiers l’observent traîner sa valise. Ils connaissent le contenu : 3,5 kg d’héroïne. Pour les enquêteurs toulousains de la DCOS, la division de la criminalité organisée et spécialisée, qui avaient ce jeune homme dans le viseur depuis près d’un an, le voyage s’arrête là.
Il est connu des services de police et soupçonné d’être l’un des rouages essentiels d’un réseau d’approvisionnement en héroïne à Toulouse. Son rôle présumé : aller chercher la marchandise loin de la Ville rose, près de la frontière belge, avant de la redistribuer à des revendeurs.
« Contrairement à la cocaïne ou à la résine, il faut faire beaucoup de bornes pour s’approvisionner », résume une source proche du dossier. Les trajets se faisaient surtout en train. Chaque fois plusieurs centaines de grammes ou quelques kilos afin de « recharger » le réseau.
L’enquête a commencé il y a près d’un an autour d’un compte Telegram spécialisé dans la revente d’héroïne. Derrière ce profil, les policiers ont identifié un point de vente itinérant, connu sous le nom de « Pochon bleu ». Les commandes passaient à distance, les rendez-vous se déplaçaient, loin des scènes plus classiques de deal au pied des immeubles.
Le principal revendeur
À Toulouse, l’héroïne reste un marché plus discret que celui du cannabis ou de la cocaïne. Mais elle n’a pas disparu. « On voit que ça n’a pas disparu. C’est vraiment une drogue dégueulasse », peste une source policière. La cité de la Gloire est notamment citée comme l’un des derniers secteurs où cette marchandise continue de circuler.
Vendredi 29 mai, les policiers savent que le suspect revient du nord de la France. Les enquêteurs craignent qu’il descende à Bordeaux. Ils ne prennent aucun risque et l’interpellent. À Toulouse, le gramme se revend autour de 30 à 40 euros. La saisie a une valeur conséquente : plus de 100 000 euros.
Dans la foulée, les enquêteurs mettent également la main sur le principal revendeur présumé du réseau. Ils n’ont pas eu à chercher bien loin : l’homme se trouvait déjà en garde à vue dans une autre affaire, liée à un cambriolage.
Selon les premiers éléments, ce réseau aurait écoulé plusieurs kilos d’héroïne par mois dans l’agglomération toulousaine. Les deux suspects ont été présentés au parquet ce lundi. Ils devaient être mis en examen et écroués dans la foulée.













