Depuis plusieurs mois, les habitants de la rue des Prêtres, à Villefranche-de-Lauragais, dénoncent une dégradation de leur cadre de vie. Rassemblements nocturnes, dépôts sauvages, dégradations, alcoolisation sur la voie publique et petit trafic de stupéfiants rythmeraient le quotidien de cette petite rue du centre-ville. Face à la colère des riverains, la mairie envisage une mesure radicale : réserver l’accès à la rue aux seuls habitants.
Dans une petite rue de Villefranche-de-Lauragais, au sud-est de Toulouse, les habitants disent vivre un véritable calvaire depuis plusieurs mois. Dégradations, dépôts sauvages, nuisances nocturnes, consommation d’alcool sur la voie publique et même petit trafic de stupéfiants rythmeraient désormais leur quotidien. Face à cette situation, la municipalité a décidé de passer à l’action et étudie plusieurs mesures inédites.
« Le climat s’est nettement détérioré »
« La situation dans la rue des Prêtres n’est plus tenable. On y cumule des rassemblements nocturnes, des dégradations, des gens alcoolisés, du petit trafic et même des dépôts sauvages. Bref, tout ce qui dégrade la vie de quartier. Le climat s’est nettement détérioré et les riverains nous expriment une vraie exaspération », affirme la maire de Villefranche-de-Lauragais, Valérie Roudet.
Selon l’élue, plusieurs habitants ont même déposé plainte face à la multiplication des incivilités. Une situation qui, selon elle, ne peut plus perdurer. « Cela fait plusieurs mois que nous suivons ce dossier de très près avec mes équipes. Mais soyons clairs : l’élément déclencheur a été la multiplication des dégradations, combinée à la vive inquiétude des habitants qui se sont remobilisés. Nous avons passé un cap. Quand les gens n’osent plus rentrer chez eux sereinement, la mairie doit être force de proposition et parfois bousculer les codes », poursuit-elle.

Une rue bientôt réservée aux seuls riverains ?
À l’échelle de la commune, plusieurs caméras de vidéoprotection doivent être installées d’ici la fin de l’année 2026 ou au début de l’année 2027. Mais la rue des Prêtres pourrait bénéficier d’un dispositif bien plus radical. « La solution que nous étudions consiste à réserver cette rue exclusivement aux riverains », explique Valérie Roudet. L’idée serait d’installer des grilles à chacune des entrées de cette voie, accessibles uniquement grâce à un badge ou un code. « Plus de circulation opportuniste, plus de squat : on ferme la porte aux incivilités », résume la maire. Une solution rendue possible par la configuration particulière de la rue des Prêtres : étroite et ponctuée de passages reliant certains bâtiments au-dessus de la chaussée.
Pour autant, rien n’est encore acté. « Nous sommes sur le domaine public et nous étudions actuellement la faisabilité juridique d’une fermeture de cette voie. Il faudra également obtenir l’adhésion de l’ensemble des riverains », rappelle la maire.
Si le projet est validé par les habitants puis adopté en conseil municipal, la municipalité souhaite le mettre en œuvre le plus rapidement possible. À ce stade, certains riverains se montreraient toutefois opposés à cette solution. Malgré ces réserves, Valérie Roudet assume pleinement cette piste. « J’aimerais rendre cette rue à ses habitants, mettre un coup d’arrêt définitif à ces incivilités. La rue des Prêtres doit redevenir un lieu de vie paisible, familial et serein », conclut-elle.











