Trois vagues de chaleur ont frappé l’Occitanie depuis le mois de mai, mettant les colonies d’abeilles à rude épreuve. Pour Olivier Fernandez, président du Syndicat des apiculteurs d’Occitanie, les conséquences sont déjà visibles dans les ruches et pourraient peser longtemps sur la biodiversité.
Elles ne meurent pas toutes sous nos yeux, mais elles s’épuisent, se désorganisent et parfois se sacrifient pour survivre. Après un été marqué par plusieurs épisodes de canicule, les abeilles paient un lourd tribut aux fortes chaleurs. « À partir de 38 °C, on sait que cela a un impact négatif sur les colonies », alerte Olivier Fernandez, apiculteur professionnel installé entre la Haute-Garonne et le Pays basque et président du Syndicat des apiculteurs d’Occitanie, alors qu’un nouveau pic de chaleur est annoncé pour mercredi 29 juillet/
loading
« Engluées dans leur propre miel »
Dans les ruches, sous les tôles, il peut faire plus de 60 °C, quand le thermomètre affiche 35 °C à l’extérieur, et cette chaleur excessive provoque une véritable course contre la montre. La cire qui maintient les cadres de miel se ramollit dangereusement lorsque les températures grimpent. Si les cadres cèdent, les abeilles se retrouvent engluées dans leur propre miel.
En ces périodes de fortes chaleurs, de plus en plus longues et fréquentes, les ouvrières abandonnent alors leurs tâches habituelles pour aller chercher de l’eau. Jusqu’à un litre par jour peut être nécessaire pour rafraîchir une ruche de 40.000 abeilles. Une mission risquée lorsque le thermomètre s’affole. « Certaines se sacrifient et ne reviendront pas », explique l’apiculteur.
La canicule menace aussi l’avenir des colonies. Une étude récente montre qu’une reine exposée à des températures au-delà des 42 °C peut perdre jusqu’à 20 % de sa fertilité. Les abeilles remplacent alors leur reine, un processus qui paralyse la colonie pendant près d’un mois et demi.
Les apiculteurs contraints de nourrir leurs colonies
À l’extérieur des ruches, les fleurs souffrent elles aussi. Même lorsqu’elles sont présentes, elles ne produisent parfois plus assez de nectar faute d’eau dans les sols. Les abeilles ne meurent pas forcément de faim : elles ont des stocks faits au printemps, et les apiculteurs peuvent les nourrir en complément. Les abeilles sauvages et solitaires, elles, sont beaucoup plus vulnérables et leur production de miel s’effondre.
Face à la chaleur et aux pesticides
Et comme si la canicule ne suffisait pas, les apiculteurs doivent désormais composer avec la réintroduction des néonicotinoïdes, adoptée de manière définitive avec la loi d’urgence agricole mardi 21 juillet. « On est en colère », insiste Olivier Fernandez, convaincu que ces pesticides « extrêmement dangereux pour l’environnement » ne feront qu’accélérer le déclin des abeilles et de la biodiversité.
loading
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555










