Chaque été, la question revient avec les fortes chaleurs. Après plusieurs années d’études, la mairie de Toulouse estime désormais que l’ouverture d’une zone de baignade dans la Garonne ne constitue « pas une priorité immédiate », en raison des nombreux obstacles identifiés.
Chaque été ou presque, avec les épisodes de canicule, la même question revient : pourra-t-on un jour se baigner dans la Garonne à Toulouse ? Après plusieurs années d’études et de réflexions, la mairie apporte enfin une réponse plus claire. Si elle n’enterre pas définitivement le projet, elle estime qu’il ne constitue « pas une priorité immédiate », au regard des nombreux obstacles identifiés.
Le sujet est un véritable serpent de mer. Dès 2023, sous la pression de l’opposition municipale, le Capitole avait relancé des études sur la possibilité d’aménager une zone de baignade à la Prairie des Filtres, avec deux scénarios : une plage sécurisée ou un bassin flottant de 50 mètres. Une première étude réalisée en 2019 avait déjà retenu ce site parmi plusieurs emplacements possibles.
En 2024, la municipalité expliquait que ces études étaient toujours en cours et qu’aucune baignade ne serait possible cet été, tout en laissant planer le doute pour les années suivantes.
Qualité de l’eau, Natura 2000, coût… les freins s’accumulent
Cette fois, le discours est plus tranché. Premier obstacle : la qualité de l’eau. La mairie rappelle que la Garonne est « de relativement bonne qualité » comparée à d’autres grands fleuves français. Mais elle souligne que l’eau est souvent trouble et que la présence de bactéries peut être détectée de manière ponctuelle, entraînant des fermetures fréquentes d’un éventuel site de baignade. À cela s’ajoute un autre problème : lors des périodes de sécheresse, comme actuellement, le niveau du fleuve est parfois trop faible pour garantir une baignade en toute sécurité. Au final, un espace aménagé pourrait rester fermé une grande partie de la saison estivale.
Les difficultés ne sont pas seulement sanitaires. La Prairie des Filtres se situe dans un secteur classé Natura 2000, où la présence d’herbiers, d’algues et d’une riche biodiversité impose des précautions particulières. La création d’un espace de baignade devrait également s’accompagner d’importants aménagements de sécurité et d’une gestion quotidienne des accès. Or, les études menées par la Ville tablent, à ce stade, sur une capacité maximale d’une cinquantaine de nageurs simultanément.
Dans ce contexte, la municipalité juge que le rapport entre le coût d’un tel équipement et son utilisation potentielle ne justifie pas d’en faire une priorité. Elle préfère poursuivre ses investissements dans les piscines municipales. Le plan Piscines, lancé en 2017 et doté de 30 millions d’euros, se poursuit avec l’ouverture récente du bassin nordique Gisèle-Vallerey à Toulouse-Lautrec, la future transformation de la piscine Chapou et le maintien d’offres comme Nakache ou la Ramée Plage pour permettre aux Toulousains de se rafraîchir.
Une capacité limitée à… 50 nageurs
C’est un chiffre jusqu’ici jamais communiqué par la mairie. Les premières études sur un éventuel site de baignade dans la Garonne concluent qu’il ne pourrait accueillir qu’une cinquantaine de nageurs en simultané. Une jauge jugée « relativement modeste » par le Capitole, qui y voit un argument supplémentaire pour ne pas faire du projet une priorité. La municipalité souligne qu’un tel équipement nécessiterait malgré tout des investissements importants, des aménagements de sécurité ainsi qu’une gestion des flux et des files d’attente. Avec une capacité aussi limitée, de nombreux usagers risqueraient en outre de ne pas pouvoir accéder au site aux heures de forte affluence estivale. Au regard de cette faible capacité d’accueil et des contraintes sanitaires et environnementales, la Ville estime que les moyens seront plus utiles pour poursuivre la modernisation des piscines existantes.














