Un mois après la découverte du corps d’Alain Chantaduc, un ancien braqueur tueur de gendarme à Toulouse en 1991 retrouvé mort dans les Vosges, un homme a été interpellé par les gendarmes du Grand Est ce mardi. Ce suspect, lui aussi un ancien braqueur, a été mis en examen pour « assassinat » jeudi et incarcéré. Les deux anciens voyous se seraient embrouillés pour un différend dans le cadre d’un trafic d’armes.
« Un mort de voyou », constatait dans nos colonnes un major de la gendarmerie après la mort d’Alain Chantaduc, fin juin. Cet enquêteur, d’octobre 1991 à juin 1992, a dirigé la traque de cet homme, avec ses collègues de la section des recherches de Toulouse. À cette époque, le voyou était recherché pour avoir tué de trois balles dans les bois de La Ramé, aux portes de Toulouse, un jeune gendarme auxiliaire de 19 ans, lancé à sa poursuite après un braquage.
Arrêté par le GIGN à Gruissan le 2 juin 1992 après avoir été identifié et retrouvé par les investigations de la SR de Toulouse, Alain Chantaduc a été condamné en juin 1996 à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises de la Haute-Garonne. Pourtant, il n’a jamais avoué avoir tiré sur le jeune gendarme qui, le soir du drame, effectuait sa dernière patrouille avec le Psig de Colomiers avant d’intégrer l’école des sous-officiers de la gendarmerie.
Un ADN a trahi le suspect âgé de 60 ans
« Chantaduc ? C’était un voyou, violent, un tueur fou des armes », disait à propos de cet homme qu’il avait traqué le major Patrick Mouret dans nos colonnes le 18 juillet. Une prémonition puisque le procureur d’Épinal, Frédéric Nahon, a confirmé à nos confrères de Vosges-Matin que c’est sans doute à cause d’un trafic d’armes qu’Alain Chantaduc a été tué.
Son corps a été retrouvé dans la soirée du dimanche 28 juin par un promeneur, dans une forêt à Éloyes, à 20 km au sud-est d’Épinal. Très vite, les gendarmes sur place ont identifié des traces de coups de couteau. Autre particularité liée à la découverte de ce corps, les jambes en partie brûlées de la victime. Le tueur a-t-il voulu effacer ses traces ? Probable.
Seulement pas suffisamment. Parce que les gendarmes de la section des recherches de Nancy, avec le soutien de la brigade des recherches des Vosges, ont identifié un ADN sur la scène de crime. Une trace loin d’être inconnue dans les fichiers puisqu’elle appartient à un autre voyou. Un homme originaire de Nancy dont le palmarès judiciaire est marqué par plusieurs condamnations prononcées notamment en 2013 et 2017 par des cours d’assises, notamment pour des braquages et des extorsions avec arme.
Entre braqueurs, « on parle le même langage, surtout chez les anciens », confie un enquêteur expérimenté. Et entre Alain Chantaduc et le suspect, âgé de 60 ans, les affaires tortueuses tournaient, selon le procureur d’Épinal, autour des armes et des munitions. Une vieille passion d’Alain Chantaduc qui, à 77 ans, et après avoir passé vingt-cinq ans derrière les barreaux après la mort de Philippe Tremblier, le jeune gendarme auxiliaire, n’avait pas perdu ses vieilles habitudes.
Le tueur est passé aux aveux en garde à vue
Pourquoi les deux hommes se sont-ils embrouillés ? L’instruction devra le déterminer. Placé en garde à vue ce mardi 28 juillet, pile un mois après la découverte du corps de la victime, le principal suspect n’a pas longtemps résisté aux questions des gendarmes. « Il est passé aux aveux », a confirmé le procureur d’Épinal à la presse locale. Cet homme aurait également raconté que le meurtre s’était déroulé près de la cabane où le corps a été découvert, le lieu de rendez-vous entre les deux hommes.
Mis en examen pour « assassinat » et « atteintes à l’intégrité d’un cadavre » jeudi au palais de justice d’Épinal, l’ancien braqueur Franck C. a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré. L’instruction devra déterminer tous les dessous de cette histoire de voyous.














