À Montpellier, le zoo ferme ses portes pour 29 mois de travaux. Jusqu’en 2028, le parc va être entièrement repensé avec de nouveaux espaces animaliers, un parcours de visite modernisé et un projet plus large autour de la biodiversité, de la promenade et de la sensibilisation au climat.
Après une dernière journée d’ouverture au public ce vendredi 31 juillet, le parc zoologique de Montpellier a fermé ses portes pour 29 mois afin de permettre la réalisation d’un vaste chantier de transformation. Lancés en 2023, les travaux doivent profondément modifier le site d’ici au deuxième semestre 2028, avec l’ambition de proposer un parc plus adapté aux enjeux actuels de biodiversité, de climat et de bien-être animal.
Cette fermeture marque le début de la phase la plus importante du chantier. Jusqu’à la réouverture, les visiteurs ne pourront plus accéder aux installations, tandis que les animaux resteront sur place. Les soigneurs, vétérinaires et personnels du zoo continueront leurs missions quotidiennes afin d’assurer le suivi des pensionnaires pendant toute la durée des travaux.
Le futur zoo de Montpellier doit proposer une expérience différente de celle connue aujourd’hui. Parmi les principaux aménagements prévus figure la création d’une grande plaine africaine de deux hectares, mais aussi la rénovation des cheminements, des points d’observation et des espaces d’accueil. De nouveaux gradins, des zones de convivialité et des équipements pédagogiques viendront compléter le parcours de visite.
Cette refonte doit également permettre au zoo d’évoluer dans son fonctionnement. À terme, le parc devrait accueillir près de 50 espèces et environ 300 animaux, contre 25 espèces et 150 animaux actuellement. Le choix des espèces sera notamment pensé en fonction des caractéristiques du climat méditerranéen et des objectifs de sensibilisation portés par le site.
Le zoo de Montpellier intégré à un projet plus vaste autour de la nature
Au-delà du seul parc animalier, la transformation s’inscrit dans un programme plus large baptisé “Grand Parc de Lunaret”. Sur près de 200 hectares, la Ville de Montpellier souhaite progressivement développer un vaste espace naturel mêlant promenade, découverte scientifique et préservation de la biodiversité.
Dans ce nouvel ensemble, le futur espace pédagogique Darwin occupera une place centrale. Installé dans l’ancienne ferme pédagogique rénovée, il doit devenir un lieu d’accueil pour les scolaires, les centres de loisirs et les groupes, avec des animations consacrées à l’environnement et à la connaissance du vivant. « Le projet a vraiment été construit pour la médiation scientifique et culturelle », explique Marine Baconnais, directrice du parc zoologique. L’objectif sera notamment d’amener les visiteurs à mieux comprendre les enjeux liés à la disparition des espèces et au changement climatique.
Pour la Municipalité, cette évolution répond aussi aux nouveaux défis liés aux fortes chaleurs. « À la question de comment s’adapter à la canicule, la contribution de la nature est absolument essentielle », rappelle Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole.
De nouveaux espaces de promenade
Dans ce Grand Parc de Lunaret, plusieurs aménagements sont prévus dans les prochaines années pour permettre au public de profiter davantage des espaces naturels aujourd’hui peu accessibles. Un cheminement piéton doit notamment voir le jour dans le bois de Montmaur afin de relier la station de tramway “CNRS-Zoo de Lunaret” à la nouvelle entrée du parc. Prévu pour le premier semestre 2030, cet itinéraire permettra aux visiteurs, y compris aux personnes à mobilité réduite, de traverser le massif forestier plus facilement.
Dans le même calendrier, une promenade fraîcheur sera aménagée le long des berges du Lez. Les futurs parcours, conçus avec des matériaux adaptés au site, permettront de découvrir les abords du cours d’eau tout en préservant la végétation qui accompagne le fleuve.
D’autres secteurs doivent également être valorisés, notamment les clairières et les belvédères situés au Nord de l’ancien zoo. Ces espaces, aujourd’hui méconnus du grand public, doivent devenir des lieux de pause et d’observation du paysage.
Le projet prévoit dans un même temps la création d’un tiers-lieu consacré à la culture scientifique sur le domaine de La Valette. Une phase d’expérimentation menée jusqu’en 2027 doit permettre de définir les usages du futur équipement avec les habitants, les associations et les acteurs scientifiques du territoire. À terme, le lieu pourrait accueillir des animations culturelles et scientifiques, des espaces de travail ou encore des actions liées à l’environnement.
Enfin, à proximité du bois de Montmaur, un centre de soins destiné à la faune sauvage locale est prévu. Il permettra de prendre en charge des animaux blessés, notamment des oiseaux et de petits mammifères.
Avec un investissement de 27,7 millions d’euros pour la rénovation du zoo, Montpellier engage donc une transformation qui dépasse le cadre du parc animalier. L’objectif est de faire du Grand Parc de Lunaret un nouveau lieu de respiration, de découverte et de sensibilisation à la biodiversité, au cœur de la métropole.















