REPORTAGE. Ce mardi matin, le calme est revenu rue d’Austerlitz à Toulouse. Pourtant, quelques heures plus tôt, un individu armé affrontait les forces de l’ordre au milieu des passants. À quelques mètres des lieux de l’attaque, les témoins de la scène racontent une intervention particulièrement tendue, qui a suscité autant de peur que d’incompréhension. Témoignages exclusifs sur les minutes où tout a basculé.
Ce mardi matin, rue d’Austerlitz, la vie semble avoir repris son cours. Les commerces sont ouverts et l’animation habituelle est revenue. Difficile d’imaginer que la veille, vers 18 heures, cette même rue était entièrement bouclée après l’agression au couteau de trois policiers par un homme, finalement interpellé au terme d’une intervention délicate.
Une rue plongée dans l’incompréhension
À l’accueil de l’hôtel Ours Blanc, situé à quelques mètres de la scène, Clarisse a assisté à l’intervention. « Les policiers essayaient de le désarmer mais il se débattait. Il y avait beaucoup de bruit, certains clients ont eu peur. L’homme était menaçant mais pas envers nous, c’était contre les policiers. J’ai lu qu’il avait proféré ‘Allahou Akbar’, mais de mon côté je n’ai rien entendu. Beaucoup de personnes étaient intriguées. Sur le moment, personne ne comprenait vraiment ce qu’il se passait », raconte-t-elle.
Face à l’hôtel, la fleuriste a elle aussi suivi la scène. « C’est surtout l’hôtel qui a été impacté. De mon côté, comme les autres passants, je me demandais simplement ce qu’il se passait. Les gens étaient très curieux de comprendre la situation. Beaucoup de personnes filmaient la scène. »
Un constat partagé par la vendeuse du chocolatier Bello & Angeli, rue Victor-Hugo. « J’ai vu beaucoup d’agitation et des voitures de police arriver. Je n’ai su qu’après qu’il s’agissait d’une attaque au couteau. Les gens étaient surtout intrigués. Comme moi, ils cherchaient à comprendre ce qu’il se passait. »
Des témoins confrontés à l’agresseur
À quelques mètres de là, Lolo, sans domicile fixe, explique avoir été directement confronté à l’agresseur. « Il est venu nous voir avec son couteau. On lui a dit de dégager. On s’est levés pour lui faire comprendre qu’il fallait qu’il parte. »
Un peu plus loin, José Carlos, lui aussi sans domicile fixe, confie son inquiétude. « Dans ce genre de situation, on a peur pour soi. J’aurais peur que ma colère monte et que je devienne violent. Personne ne veut en arriver là, mais si on est contraint de se défendre, alors c’est obligé. »













