Encore sous le choc au lendemain du séisme qui a frappé la Colombie ce lundi 10 août, Alexandre Pietri et sa fiancée ont été réveillés par de violentes secousses alors qu’ils dormaient dans une cabane à Jardín, à 300 km de l’épicentre. Eau et électricité coupées, toiture endommagée, bâtiments effondrés dans les communes voisines… Malgré une situation toujours inquiétante sur place, le Toulousain et sa fiancée ont choisi de rester pour venir en aide aux habitants, avant d’envisager de poursuivre leur tour du monde. Il nous raconte le séisme qu’il a vécu.
En tour du monde avec sa fiancée depuis deux ans, Alexandre Pietri venait tout juste d’arriver en Colombie, ce lundi 10 août, lorsque le séisme de magnitude 7,4 a frappé le pays. Dans la petite commune de Jardín, où il réside, pourtant située à près de 300 km de l’épicentre, ce Toulousain n’a pas échappé aux secousses. Un moment de peur et de panique qu’il raconte au lendemain du drame.
Un réveil dans la panique
« Il était aux alentours de 7 h 15 lorsque le séisme s’est déclenché, contextualise Alexandre. Nous avons entendu beaucoup de chiens aboyer. En une seconde, ça nous a tous réveillés, puis on a entendu un bruit sourd. On pensait à un gros engin de démolition qui passait derrière la cabane où l’on dormait, puis tout s’est mis à trembler », décrit-il. Le Toulousain raconte des secousses qui surviennent « par vagues », avec « 30 à 40 secondes de tremblements, puis du calme ». Au total, « ça a duré entre 1 min 30 et 2 minutes ».
Cet épisode traumatique, Alexandre le décrit comme « une sensation de plaquage au rugby, lorsqu’on serre les jambes et qu’on ne peut pas tenir debout. On arrivait à peine à tenir sur nos jambes », témoigne-t-il.

Des dégâts importants après le séisme
Au lendemain du séisme, la situation sur place reste préoccupante. « On a l’eau et l’électricité coupées. Notre cabane est sur pilotis et on sent qu’elle tremble. Il y a des trous dans la toiture, des tuiles au sol », indique-t-il. Pour autant, le Toulousain et sa compagne n’ont pas été dans les zones les plus touchées du pays. « On va bien. Les dégâts sont ‘acceptables’ ici comparés à d’autres villages. L’altitude, à 2 000 mètres, nous a sauvés », estime-t-il.

À quelques kilomètres de Jardín, la situation est en revanche bien plus dramatique. « À 15 minutes d’ici à Pereira, l’hôpital s’est effondré avec des patients à l’intérieur. Le clocher de l’église est lui aussi tombé. Des bâtiments de 30 mètres de hauteur ne sont plus là », témoigne-t-il.

« Ça fait très peur, c’est une sensation indescriptible »
Plusieurs heures après le drame, Alexandre tente de prendre du recul sur ce qu’il vient de vivre. « C’est effrayant et c’est vraiment une sensation indescriptible. On nous parle de 169 morts, de plus de 600 blessés et d’un nombre incalculable de disparus. Les militaires passent leur journée à baliser les espaces pour retrouver des gens, ça fait très peur », souligne-t-il.
Le Toulousain regrette également de ne pas avoir été davantage préparé à ce type de situation. « On n’est pas forcément formé aux premiers réflexes quand il y a un tremblement de terre. On voit des vidéos quand on est jeune, mais on ne s’en souvient pas. On a juste pensé à sortir de la cabane. Heureusement qu’on n’était pas dans une grande maison, parce qu’on n’aurait pas pu sortir. Les bâtiments ici ne sont pas comme en Asie, conçus pour faire face aux séismes », termine-t-il.

Pour l’heure, Alexandre et sa compagne sont toujours à Jardín, où ils participent notamment aux opérations d’aide. Mais après cette expérience particulièrement éprouvante, le couple envisage désormais de quitter prochainement la commune.
Quelques informations à retenir.
Un puissant séisme de magnitude 7,4 a frappé la région du Chocó, dans l’ouest de la Colombie, faisant « au moins 132 morts, plus de 570 blessés et détruisant des dizaines de bâtiments », selon une dépêche de l’AFP publiée au lendemain des faits. « 47 répliques ont également été enregistrées », indique de son côté le Service géologique colombien.
Le tremblement de terre a également été ressenti en Équateur, au Panama et au Venezuela, des pays situés dans une zone particulièrement exposée aux séismes, au niveau de la ceinture de feu du Pacifique.
Face à l’ampleur des dégâts, le président colombien Abelardo de la Espriella a décrété l’état d’urgence. Plusieurs pays, dont la France, ont fait part de leur soutien, sans toutefois déployer de forces de secours sur place. L’Union européenne a néanmoins mobilisé son service satellitaire Copernicus afin d’aider les secours à évaluer l’ampleur des dégâts.













