Ateliers capables d’accueillir des véhicules de 18 tonnes à l’étage, bureaux évolutifs, immense centrale photovoltaïque… La mairie a présenté en exclusivité à La Dépêche, le chantier du futur technocentre de Toulouse, aux Argoulets. Encore 18 mois de travaux sont annoncés.
Avec ses nombreuses grues, le chantier est désormais bien visible depuis le périphérique. Ce vendredi 11 septembre, Jean-Baptiste de Scorraille, vice-président de Toulouse Métropole, et l’architecte Olivier Companyo ont présenté à « La Dépêche » ce futur « campus » métropolitain implanté boulevard d’Atlanta, près du périphérique Est et du centre commercial Balma Gramont. Une opération de 350 mètres de long sur 60 mètres de large, qui réunira une partie technique et un pôle tertiaire composé de trois tours.
Le projet doit regrouper environ 1 200 agents aujourd’hui dispersés sur plusieurs sites. Son origine remonte au déplacement de l’atelier municipal du Raisin, concerné par le chantier de la ligne C du métro. La collectivité a ensuite décidé d’y rassembler d’autres entités : moyens techniques, éclairage public, atelier horticole, pôle territorial Est, Allô Toulouse, ressources humaines ou encore direction du numérique.
« Cela va permettre de libérer des locaux moins fonctionnels, dont certains doivent être vendus », souligne Jean-Baptiste de Scorraille. Environ 900 postes de travail sont notamment prévus dans les espaces tertiaires, avec des services communs : restauration, salles de formation et de sport, ainsi que des stationnements pour les voitures, 145 vélos et 23 motos. Le budget annoncé est de 102 millions d’euros.
Des véhicules de 18 tonnes réparés à l’étage
La singularité du technocentre se trouve dans son organisation verticale. Faute de place pour déployer l’ensemble du programme au sol, les ateliers de réparation lourde seront installés à l’étage. Une rampe permettra d’y faire monter des véhicules pesant jusqu’à 18 tonnes.

Une fois engagés, les véhicules suivront un circuit, sans avoir à effectuer de marche arrière. Plusieurs ateliers prendront en charge les poids lourds et véhicules légers, qu’ils soient thermiques, électriques ou fonctionnant au gaz. Forge, carrosserie et opérations mécaniques seront regroupées sur place. Au rez-de-chaussée seront aménagés les stocks de matériaux et d’équipements, une station-service métropolitaine, un service de réparations rapides et une station de lavage dont l’eau sera traitée puis réutilisée.
L’organisation du chantier est elle-même atypique : « La préfabrication se fait à 90 % ici », explique Olivier Companyo. Les éléments en béton sont fabriqués directement sur le site avant d’être acheminés par remorque jusqu’aux grues. La livraison est prévue début 2018, il reste un peu plus de 18 mois de travaux.
Un bâtiment pensé pour changer d’usage
Le technocentre est conçu comme un outil adaptable. Sa structure poteaux-poutres et ses trames régulières permettront de déplacer des cloisons, d’agrandir un atelier ou d’accueillir de nouveaux services. Même les niveaux de parking du pôle tertiaire ont été construits avec une hauteur de bureau : si les besoins en stationnement diminuent, ils pourront être transformés en locaux de travail.

L’environnement constitue l’autre axe majeur du projet. Environ 22 000 m² de panneaux photovoltaïques doivent être répartis sur les bâtiments, les tours et les ombrières. L’électricité produite pourra bénéficier à d’autres équipements municipaux, comme la piscine ou la patinoire voisines.
Accessible en métro
Les ateliers profiteront d’un éclairage naturel et d’une ventilation nocturne par la toiture. Dans les bureaux, environ 80 % des espaces ne seront pas climatisés : panneaux rayonnants, ventilateurs et stores extérieurs automatisés doivent limiter la chaleur. Des salles rafraîchies serviront toutefois de refuges lors des épisodes caniculaires.

Enfin, le site mise sur sa position stratégique : proximité immédiate du métro des Argoulets, accès au périphérique et raccordement au réseau cyclable express. Un ancien tunnel condamné sous l’échangeur doit être rouvert afin de permettre aux cyclistes d’éviter le rond-point. « C’est un véritable campus », résume Jean-Baptiste de Scorraille, qui promet « un pôle du XXIe siècle ».














