Plusieurs centaines de jeunes se sont mobilisés à Toulouse ce vendredi 2 octobre pour le troisième jour de blocages lycéens. Autour de Déodat-de-Séverac, la situation a rapidement dégénéré avec des jets de lacrymogènes, des mortiers d’artifice, des poubelles incendiées et des affrontements avec les forces de l’ordre. Une matinée particulièrement tendue, que nous avons suivie sur place.
Ce vendredi 2 octobre marque le troisième jour de blocages lycéens à travers la France. À Toulouse, la mobilisation prend une tournure particulièrement tendue, avec de nombreux affrontements entre jeunes, CRS et individus cagoulés. Si une quinzaine de lycées avaient fermé leurs portes ce matin, Déodat-de-Séverac, resté ouvert, a été le théâtre de nombreux affrontements, commencés tôt et terminés en début d’après-midi. Récit d’une matinée sous tension.
Un début de matinée en force
Ce vendredi matin, ils sont venus en nombre. Des jeunes, pour la majorité vêtus de noir. Certains avec de vraies revendications, d’autres pour se faire peur… Peu avant 9 heures, tout s’emballe dans le secteur de Déodat. La rue des Arcs Saint-Cyprien est la cible des premiers jets de lacrymogènes. Une odeur forte, qui prend à la gorge et pique les yeux. Une poubelle brûle déjà.

Vers 9 h 30, c’est du côté de Croix-de-Pierre que le flux se dirige. Des personnes masquées, cagoulées, différentes des jeunes lycéens, se déplacent avec des projectiles lourds dans des chaussettes. Des mortiers d’artifice sont lancés au niveau des rails du tram, tandis que de nombreux jeunes remontent l’avenue de Muret. La foule évolue par vagues : ça se calme à un endroit, ça repart à un autre.
Les CRS sont mobilisés en force. Des colonnes de camions s’étendent le long du boulevard Déodat-de-Séverac. À pied, les forces de l’ordre sont regroupées à chaque coin de rue pour observer et contenir les mouvements.

Le calme avant que ça ne s’emballe
Après une heure de mouvements, les affrontements se calment. Un hélicoptère de la gendarmerie est dépêché sur place. Il vole bas, reste en stationnaire au-dessus du lycée avec sa caméra, puis tout repart lorsque les CRS tentent d’évacuer les lieux. Les jeunes sont dirigés en direction des Arènes. Ils se mettent à crier et à courir dans le souterrain du tramway. La rue des Arcs est de nouveau prise pour cible.

Lacrymogènes, poubelle en feu, groupes de jeunes qui courent… L’ambiance devient particulièrement tendue, entre les fumées et le vent provoqué par l’hélicoptère. La matinée se poursuit ainsi, avec des groupes qui se rapprochent progressivement des Arènes. Certains rejoignent même la route de Saint-Simon, où plusieurs commerces ont fermé leurs grilles. Ce n’est que passé 14 heures que la situation s’est calmée dans le secteur, mais jusqu’à quand ? Des jeunes prévoient déjà de recommencer lundi…















