L’avenir du Centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins inquiète la Municipalité de Marmande. Entre tensions sur les effectifs médicaux, maintien des urgences et évolution de l’offre de soins, le maire Joël Hocquelet appelle à préserver l’accès aux soins de proximité.
À Marmande, le maire Joël Hocquelet a signé un arrêté municipal pour interdire… de tomber malade. Le texte, volontairement absurde et impossible à appliquer, constitue une manière pour l’élu d’attirer l’attention sur les difficultés d’accès aux soins dans la commune.
Cette initiative intervient quelques semaines après la fermeture temporaire des urgences du Centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins (CHIC M-T), dans la nuit du 9 au 10 septembre. Ce soir-là, l’absence d’un médecin urgentiste n’avait pas permis d’assurer le fonctionnement habituel du service. Pour la Municipalité, cet épisode illustre les difficultés rencontrées par un établissement confronté au manque de professionnels médicaux et placé sous administration provisoire de l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.
Des urgences au laboratoire, les demandes de la Municipalité
Le sujet a été porté devant le conseil municipal le 28 septembre dernier. Les élus ont adopté une motion demandant notamment que les urgences puissent continuer à fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le maintien intégral du laboratoire d’analyses du CHIC Marmande-Tonneins figure également parmi leurs revendications.
La Municipalité ne limite toutefois pas ses demandes à ces deux services. Elle souhaite que l’hôpital conserve une offre de soins correspondant aux besoins de son territoire, alors que l’établissement dessert une population estimée à 110 000 habitants. Elle demande aussi que les éventuelles réorganisations soient examinées au regard de leurs conséquences concrètes, notamment lorsque celles-ci entraînent une augmentation des déplacements pour les patients.
Cette question dépasse le seul fonctionnement de l’hôpital. La Ville réclame un soutien accru aux initiatives destinées à faire venir des médecins et autres professionnels de santé. À Marmande, des projets de maison de santé et de centre de santé sont notamment mis en avant pour renforcer l’offre de médecine de ville.
Les maires du territoire bientôt sollicités
La Municipalité entend désormais élargir le débat au-delà de Marmande. Joël Hocquelet, également président de Val de Garonne Agglomération, prévoit de proposer aux maires du territoire d’adopter à leur tour des motions en faveur du maintien de l’offre hospitalière. Une pétition a également été mise en ligne, à destination des habitants.
La Ville souhaite par ailleurs obtenir un rendez-vous avec la directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) et prévoit de transmettre sa démarche au ministre de la Santé. Elle demande notamment que les élus locaux soient associés aux décisions concernant l’avenir du CHIC Marmande-Tonneins.
Dans le communiqué accompagnant cette mobilisation, Joël Hocquelet assume le caractère provocateur de son arrêté : « Cet arrêté est une plaisanterie ; la situation de notre hôpital ne l’est pas. » L’objectif est désormais de faire de cette initiative symbolique le point de départ d’une mobilisation plus large sur l’accès aux soins dans le Marmandais.















