Les manifestations lycéennes se tendent à Toulouse. La contestation pour réclamer de meilleures conditions d’apprentissage s’accompagne de violences et de dégradations. La députée LFI de Haute-Garonne Anne Stambach-Terrenoir espère que les revendications lycéennes seront vite entendues.
Ce vendredi en Haute-Garonne, 18 lycées sont fermés pour assurer la sécurité des élèves et des personnels. Le recteur de l’Académie de Toulouse réunit, ce vendredi matin, le Conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) pour échanger avec les représentants des élèves, au lendemain d’une nouvelle journée d’actions devant les établissements. Au total, 57 personnes ont été interpellées dans le département, suite à des violences ou des dégradations. Les autorités recensent 13 élèves légèrement blessés, 20 policiers et gendarmes blessés. Anne Stambach-Terrenoir, députée de la deuxième circonscription de la Haute-Garonne,
Ici Occitanie : Le mouvement de contestation lycéen a-t-il franchi une ligne rouge, jeudi 1er octobre, faut-il poursuivre cette mobilisation, selon vous ?
Anne Stambach-Terrenoir : Oui, je pense qu’il faut la poursuivre dans la mesure où les revendications ne sont absolument pas entendues. Il faut quand même se rendre compte que ce qu’on a vu hier, c’est aussi le résultat de la stratégie de pourrissement engagée par le gouvernement, qui depuis des jours, au lieu d’écouter les revendications des lycéens, engage une répression que j’estime parfaitement démesurée face à des mineurs, donc des enfants. Alors, la violence n’est jamais un mode d’action acceptable et ce n’est pas la solution, évidemment, la majorité d’entre eux sont d’ailleurs pacifiques, mais les médias se focalisent sur les actes de violence, ce qui dédouane le gouvernement de répondre sur le fond.
Le lycée de Rolland Garros à Toulouse incendié hier, des abribus détruits, des pompiers caillassés, ce n’est pas rien quand même ?
C’est vrai, mais le résultat est tel qu’on ferme des lycées, la préfecture dresse des interdictions, des drones vont surveiller la ville, mais à aucun moment, il n’y a une réponse aux revendications des lycéens.
Le rectorat reçoit ce vendredi les organisations lycéennes, la réponse devrait venir ?
J’espère. Il serait temps. Je rappelle que ce qu’ils demandent les lycéens, en premier lieu, c’est d’avoir des professeurs en nombre suffisant, parce qu’il n’y en a pas assez dans des matières importantes, il n’y a pas assez de remplaçants. Ils réclament même de meilleurs salaires pour leurs professeurs, d’avoir des classes moins chargées. Ils souhaitent plus d’investissement pour leurs bâtiments parce qu’ils ont vu leurs camarades passer le bac en Occitanie dans des salles à plus de 40 degrés. Ils réclament des infirmières, des psychologues, des encadrants. Ils demandent qu’on sorte de Parcours Sup qui a mis en place un système de sélection sociale insupportable, injuste et qui est une vraie source d’angoisse pour eux.
La contestation est née la semaine dernière en région parisienne, vous considérez que les conditions d’études sont les mêmes chez nous en Occitanie ?
Ce qui est frappant, c’est qu’effectivement les revendications sont les mêmes partout et qu’il y a un mouvement de solidarité entre élèves qui sont dans des établissements où les conditions sont meilleures et les lycéens voisins où les moyens ne sont pas à la hauteur. Hier, jeudi, il y avait quand même plus de 1.000 lycées mobilisés dans tout le pays, c’est colossal. Or, le gouvernement leur répond par des gaz lacrymogènes, des matraques, des tirs de LBD, c’est irresponsable face à des mineurs.
La violence est-elle devenue incontournable selon vous, comment on explique ce durcissement ?
Mais vous avez vu les images des ces derniers jours, de cet enfant de 14 ans étranglé par un agent ? Ce jeune homme qui a perdu son œil ? Un autre qui a reçu un coup de grenade lacrymo dans les dents ? Vous comprenez bien que ça ne peut qu’engager une hausse des tensions. Normalement les forces de l’ordre doivent avoir un rôle de désescalade face aux tensions du mouvement. Or, c’est exactement l’inverse qui a été fait.
Qu’est-ce que vous répondez aux équipes du Premier ministre qui accuse LFI d’être à l’origine du mouvement social ? Ou bien à l’adjointe au maire de Toulouse, Marion Lalane-de-Laubadère qui vous accuse d’attiser la violence ?
J’avoue que je suis choquée de voir qu’on nous accuse de manipulations au plus haut niveau de l’État. Ce sont les services de renseignement qui disent ça, je trouve ça ahurissant un tel niveau de mensonge. Le message envoyé à la jeunesse c’est de leur dire qu’ils ne sont pas capables de penser seuls à leurs revendications.
Mais on vous voit devant les lycées avec eux à sept mois de la présidentielle,
Parce qu’on soutient leur mouvement, donc oui, on est à leur côté, on les écoute et on essaie de faire en sorte que les situations ne basculent pas dans la violence. Mais je voudrais insister sur le mépris envoyé à la jeunesse. Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, dit que les blocus se sont organisés de l’extérieur. Vous vous rendez compte du mépris face à cette jeunesse sacrifiée par ces gens au pouvoir depuis dix ans. La réalité, c’est que ces gens ont cassé notre école républicaine à coup de coupes budgétaires, de suppression de postes, de fermetures de classes, et la jeunesse demande réparation aujourd’hui.
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