Le mouvement lycéen se poursuit partout dans la région Occitanie ce jeudi 1er octobre. A Toulouse notamment plusieurs établissements sont bloqués par des élèves et les dégâts sont très importants selon le vice président socialiste de la région Kamel Chibli.
La contestation devant les lycées se poursuit ce jeudi 1er octobre. Le mouvement lancé le 18 septembre en région parisienne dénonce des classes surchargées et des enseignants non remplacés. La tension est encore montée d’un cran ce jeudi autour de plusieurs lycées de la région et notamment dans l’agglomération toulousaine. A Roland Garros, Urbain Vitry, Galliéni, Ozenne et Saint-Sernin à Toulouse, les entrées ont été bloquées et de grosse dégradations commises. Selon la région Occitanie, une centaine d’établissements ont été dégradés dont trente de manière inquiétante détaille le vice-président en charge de l’éducation Kamel Chibli.
Kamel Chibli : Au niveau régional, c’est à peu près une centaine d’établissements qui sont aujourd’hui touchés. Avec une trentaine en situation assez inquiétante, avec notamment des jets de projectiles, des loges d’accueil brûlées, des tentatives d’incendie dans certains établissements. La situation s’est aggravée depuis ce mercredi 30 septembre. Et ce jeudi, effectivement, les forces de l’ordre sont assez mobilisées sur l’ensemble des établissements. On est inquiet pour des jeunes qui se sont presque brûlés en essayant d’allumer des feux dans des poubelles. Donc la situation dégénère, elle devient un peu inquiétante surtout qu’on a de plus en plus de groupuscules extérieurs qui se mettent notamment dans les cœurs de ville autour de ces établissements pour essayer d’exploiter d’une manière malintentionnée la revendication des élèves et essayer d’en profiter pour casser.
ICI Occitanie : Vous êtes inquiet pour la suite ?
C’est assez inquiétant et ça fait effectivement peur. La situation dégénère et elle n’est plus maîtrisée. On a aujourd’hui recensé plus d’une trentaine d’établissements avec des conséquences assez catastrophiques sur le bâtiment. On essaye de faire au mieux, en tout cas pour assurer la sécurité de nos équipes aussi, de nos agents qui ont très peur. A l’heure où je parle on a beaucoup d’agents qui sont totalement calfeutrés dans les établissements et qui ont peur pour leur santé, pour leur sécurité.
Le mouvement est parti pour durer selon vous ?
Toutes leurs revendications sont légitimes. Je demande juste aux élus, aux syndicats d’appeler véritablement au calme. Tous les représentants, qu’ils soient associatifs, parents d’élèves, élus, d’appeler vraiment au calme, que tout le monde s’y mette. Il en va de la santé de nos jeunes, il en va de la sécurité de nos enfants et également de nos agents. Les revendications, on les connaît mais on voit bien qu’il y a un concours, un peu une course à l’échalote sur les réseaux sociaux, avec notamment des vidéos qui tourneraient de feux, qui ont l’air d’amuser pas mal de jeunes. Je ne veux pas généraliser, il s’agit d’une minorité, mais il ne faut pas arriver à un drame. C’est ce qui m’inquiète. Et ce dont j’ai peur, c’est qu’on arrive à un drame.
Et justement, le coup de la facture pour les lycées de la région ?
Ça va se situer en centaines de milliers d’euros, j’ai pas le chiffre exact, mais on est en train de recenser. On a des lycées auxquels l’ensemble de la loge a été totalement dévastée, le lycée Roland Garros par exemple. On a des choses qui vont nous coûter globalement des centaines de milliers d’euros. Ce qui est certain, c’est qu’on porte plainte à chaque acte de vandalisme. On portera plainte parce qu’aucun acte de vandalisme ne doit être impuni, ça c’est clair.
Sur les réseaux sociaux, vous appelez à une interdiction temporaire des vidéos qui tournent en boucle ?
Ce que j’ai dit, au préfet en réunion. Ils me disent qu’ils ont une cellule nationale qui analyse ça, Il faut qu’ils analysent, eux, la manière dont cette propagande est faite et si elle se fait via les réseaux sociaux, il faut que le gouvernement prenne des décisions. Je sais qu’on a une problématique de libertés publiques, mais la question aujourd’hui, c’est d’éviter le phénomène d’entrainement pour rapidement stopper l’hémorragie. Parce que là, les choses s’accélèrent et ne sont plus maîtrisées.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














