La mobilisation des lycéens se poursuit en Haute-Garonne. Ce jeudi 1er octobre, plusieurs établissements sont à nouveau bloqués. Les élèves dénoncent notamment le manque d’enseignants et de moyens, tandis que la préfecture fait état de « troubles graves à l’ordre public » en marge du mouvement.
Troisième jour de mobilisation. La colère des lycéens, qui revendiquent davantage de moyens et dénoncent le manque d’enseignants, continue de résonner partout en France, notamment en Haute-Garonne. Plusieurs établissements du second degré sont en effet à nouveau bloqués dans le département ce jeudi 1er octobre. C’est le cas des lycées Gallieni, Roland Garros, Stéphane Hessel, Ozenne, Saint-Sernin à Toulouse, Marie-Louise Dissard Françoise à Tournefeuille, qui a été fermé, ou encore Henri Matisse à Cugnaux.
Des élèves mobilisés depuis tôt ce jeudi matin devant leurs lycées
Et les lycéens sont mobilisés depuis tôt ce matin. « Je suis arrivé à 7h40 avec quelques personnes », rapporte Dorian, élève de première au lycée professionnel rural privé l’Oustal à Montastruc-la-Conseillère. Là, pas de blocus. « L’établissement a dit que ceux qui ne rentraient pas seraient exclus donc plusieurs sont rentrés. Mais on est un bon petit groupe à rester dehors », rapporte-t-il. Le lycéen s’attend à ce que les autres élèves de secondes, premières et CAP, ceux qui ont été contraints de rentrer, les rejoignent cet après-midi.
En attendant, pour se faire entendre, ils ont installé sur les barrières des pancartes avec leurs revendications. « Nous dénonçons le manque de moyens, de profs et d’AESH, mais aussi les emplois du temps surchargé, les portes des toilettes qui ne se ferment plus depuis des années et des dysfonctionnements à la cantine », liste Dorian. Les élèves mobilisés ont pu parler au principal. « Mais il ne nous a rien dit de particulier à part qu’on risquait l’exclusion », déplore l’élève qui tient à préciser qu’ils n’ont « rien fait de spécial » : « On est juste devant le lycée ».
Des « troubles graves à l’ordre public » en marge de la mobilisation
Dans d’autres établissements du département, les actions se sont, parfois « traduites par des troubles graves à l’ordre public, en prenant la forme d’actions violentes – jets de projectiles, agressions physiques et verbales, incendie – dirigées notamment contre les personnels et les forces de l’ordre dont l’intervention visait uniquement à permettre la continuité de l’activité éducative et de l’accueil des élèves », affirme la préfecture de la Haute-Garonne dans une publication sur sa page Facebook.
Elle a d’ailleurs décidé d’interdire l’achat, la vente, la cession, le port, le transport et l’utilisation de feux d’artifice, fumigènes et pétards à Toulouse ce jeudi « face aux menaces de nouvelles actions violentes contre les personnes et les enceintes scolaires, notamment par l’usage d’engins pyrotechniques ou des tentatives d’incendie ». De son côté, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, informe que le dispositif « Plan particulier de mise en sûreté » a été activé dans certains établissements « pris pour cible ».
Une manifestation des lycéens et étudiants le mardi 6 octobre ?
C’est l’Union étudiante (UE) et l’Union syndicale lycéenne (USL) qui a appelé « à la poursuite de la mobilisation dès ce jeudi 1er octobre par des blocages ». « Nous refusons de payer les choix d’austérité et de casse des services publics qui portent atteinte à nos conditions de vie et d’études », écrivent-ils dans un communiqué avant de dénoncer « des classes surchargées, un nombre de personnels et d’enseignants insuffisant et des conditions d’apprentissage dégradées » dans les lycées et « Parcoursup et MonMaster qui renforcent la logique de tri social et raciste dans le supérieur ».
Selon eux, « une dizaine d’universités et plus de 400 lycées ont été bloqués à travers le pays » à la suite de leur appel mardi dernier. « Étudiants et lycéens, alors que le pouvoir cherche à nous chasser de nos lieux d’études par les coupes budgétaires, la fermeture de places, des bâtiments dégradés, la sélection ou encore la répression ne nous laissons pas faire : bloquons et reprenons les facs et les lycées ! », s’exclament l’UE et l’USL qui appellent également à une « grande manifestation étudiante et lycéenne le mardi 6 octobre ».














