Le quartier d’Empalot à Toulouse a été secoué par trois fusillades en moins de quarante-huit heures, suscitant l’effroi des parents d’enfants inscrits à la crèche municipale. Une tribune et une pétition ont été lancées pour demander à la mairie des mesures de sécurité renforcées. De son côté, la mairie indique déployer des moyens et vient d’adresser un nouveau courrier au ministre de l’Intérieur pour réclamer des moyens supplémentaires.
Trois fusillades en moins de 48 heures, dont deux en milieu de journée. Ces derniers jours, le quartier d’Empalot n’en finit plus de faire la une de l’actualité. Si une certaine lassitude s’installe chez des habitants de ce quartier toulousain, pour les parents des enfants inscrits à la crèche municipale située place Aline-Viadieu, le sentiment d’effroi continue à dominer.
« C’est en ouvrant l’appli de La Dépêche que j’ai appris mardi qu’une nouvelle fusillade avait fait un blessé très grave, devant la boulangerie où on est constamment en train d’acheter notre pain. Lorsque j’appelle la crèche, elle me dit qu’ils sont tous confinés, que les volets sont fermés et qu’heureusement, cela s’est passé sur l’heure de la sieste des enfants. En avril dernier, j’ai dû rester à l’intérieur de la crèche parce que ça tirait dehors, c’est lunaire », explique Juliette, une maman. Elle déplore que « les haies de la crèche où les enfants sont présents donnent sur là où ça tire ».
Une tribune d’alerte
Elle fait partie de ceux qui viennent de lancer une tribune pour alerter sur une situation qui ne cesse de se répéter, doublée d’une pétition. « Parents, résidents et professionnels des services publics partagent la même angoisse pour leur vie et celle de leurs enfants. Face aux affiches publicitaires de la mairie de Toulouse vantant ‘Agir + Protéger mieux’, le sentiment d’abandon sur le terrain est total : aucune présence institutionnelle, aucun soutien aux équipes, aucune réunion publique ni information transparente. Au-delà de la communication, nous exigeons des actes durables », insistent-ils. Ils réclament ainsi à la mairie de Toulouse « la sécurisation humaine et continue du quartier et de ses structures » qui passerait par des mesures de protection aux abords et au sein des établissements qui accueillent les publics jeunes dans ce quartier. Au printemps, des rondes de policiers municipaux avaient été mises en place « durant deux semaines », se souvient Juliette.
Ils sollicitent aussi « l’organisation immédiate d’une cellule de crise ouverte aux habitants, parents et personnels afin d’établir des protocoles de confinement clairs et de présenter les moyens réels mis en œuvre pour assurer la sécurité de tous dans le quartier ».
Un nouveau courrier envoyé au ministre de l’Intérieur
L’inquiétude de ces parents, « on la partage, on est aux côtés des habitants », assure Emilion Esnault, adjoint au maire de Toulouse en charge de la Sécurité, qui tient à rappeler que des réunions régulières ont lieu sur la situation d’Empalot, notamment avec les équipes du Conseil local de sécurité prévention de la délinquance, la police municipale, la police nationale, « mais aussi avec l’encadrement et la direction de la petite enfance ».
Dans l’urgence, mardi midi, des équipes de policiers ont été déployées sur place, mais aussi devant les écoles du quartier. Et, selon l’élu, elles resteront présentes plusieurs jours, même si les forces de l’ordre sont très sollicitées sur les manifestations des lycéens ces derniers jours. Interpellé sur la question de la vidéosurveillance, Emilion Esnault assure qu’il y en a une dizaine sur le quartier, dont deux sur le secteur qui sont en train d’être remplacées par des caméras à 360°. « Ça fait partie d’ailleurs des quartiers que nous avons couverts prioritairement dans le mandat précédent, hors centre-ville. Nous voulons multiplier leur nombre et quand on dit une caméra par rue, cela prend tout son sens quand on est confronté à ce genre de situation », poursuit l’adjoint au maire.
Mais si ce dernier consent qu’il y a encore des choses à faire en matière de sécurité, il insiste : « malgré notre volontarisme, la criminalité organisée relève des compétences de l’État, de la police nationale et des services de justice ». Dans cet esprit, un nouveau courrier signé du maire a été adressé ce mercredi au ministre de l’Intérieur pour l’alerter sur la situation du quartier d’Empalot et lui réclamer des moyens humains supplémentaires pour la 3e ville de France.















