Après près de 240 jours dans l’espace, Sophie Adenot entame son voyage de retour vers la Terre. Christophe Chaffardon, responsable des activités à la Cité de l’espace, revient sur les enjeux de cette mission record.
Sophie Adenot a entamé avec ses trois coéquipiers, ce mercredi 7 octobre, son voyage retour vers la Terre après avoir passé huit mois à bord de la Station spatiale internationale. Un voyage qui n’est en rien anodin pour Christophe Chaffardon, responsable des activités à la Cité de l’espace.
Le voyage de retour de Sophie Adenot depuis la Station spatiale internationale s’avère une phase critique nécessitant une précision extrême. « La station spatiale internationale est en orbite encore pour choisir le bon moment pour, avec la capsule Dragon et les trois autres astronautes qui l’accompagnent, traverser l’atmosphère. Ce sera en fin d’après-midi à partir de 16h45-17h, traverser l’atmosphère très rapidement, perdre la vitesse et pouvoir atterrir, alors plutôt amérir d’ailleurs, puisque la capsule va tomber dans l’océan. »
La capsule aborde l’atmosphère terrestre à une vitesse vertigineuse : « Quand cette capsule va, comme on le disait, traverser l’atmosphère, elle arrive à 28.000 km heure, elle s’approche de l’atmosphère à peu près à 120 km d’altitude, puis là elle doit décélérer, elle décélère avec des frottements terribles, puisqu’il y a de l’air dans l’atmosphère, donc ça frotte, ça frotte, ça frotte. »
Des records pour Sophie Adenot
La mission Epsilon marque une étape majeure pour l’exploration spatiale européenne en cumulant près de 240 jours en orbite. Sophie Adenot s’impose non seulement comme la deuxième Française dans l’espace, mais également comme une pionnière ayant réalisé trois sorties extra-véhiculaires totalisant plus de 19 heures. Christophe Chaffardon s’émerveille : « Elle a réalisé tous ces exploits que vous avez cités, sorties extra-véhiculaires expériences, donc oui c’est un exemple, cette mission Epsilon c’est une réussite »‘. Et le directeur des expositions à la Cité de l’espace se réjouit de la personnalité qui a éclairé cette mission : « Elle s’est amusée dans la station spatiale parce que c’est ce dont elle rêvait depuis toujours, donc c’est un exemple évidemment pour des tas de jeunes et jeunes filles aussi, et oui, parce que ce n’est que la deuxième astronaute française à être partie dans l’espace ».
Applications concrètes
Au-delà de la préparation des futurs vols habités vers Mars, les expériences menées à bord de l’ISS trouvent des applications directes pour améliorer la vie sur Terre mais aussi préparer de futures missions assure Christophe Chaffardon : « Oui, vous savez, il y a toujours un peu les deux aspects dans ces expériences. Elles vont permettre vraiment de préparer les missions futures qui seront peut-être de plus longue durée encore, si un jour on prévoit des vols habités vers Mars, par exemple. Le voyage en lui-même durera six mois, donc il y a des choses qu’il faut pouvoir réaliser en autonomie, on parlait de croissance de plantes, d’alimentation, pouvoir se faire la cuisine avec les ingrédients à bord de manière plus simple que ce serait le cas aujourd’hui. »
Parmi ces expériences, d’autres sont destinées à la vie sur terre comme l’expérimentation du dispositif Echo Finder qui permettra de réaliser des échographies à distance sous la guidance de médecins sur Terre. « Dans l’ISS, ils pouvaient réaliser des échographies avec un collègue astronaute à bord de la station qui pouvaient être guidés par un médecin sur Terre, on pense là à des applications sur Terre, sur des régions ou des pays isolés en manque de médecins et on peut réaliser comme ça ces échographies à distance. »
Une longue rééducation
Le retour sur la terre ferme enclenche un processus de récupération physique particulièrement exigeant pour les astronautes après un long séjour en impesanteur. La perte de masse osseuse, estimée à 1 % par mois, nécessite un suivi rigoureux et une rééducation motrice qui s’étale sur une période d’environ une année entière. Le directeur des expositions à la Cité de l’espace revient sur ce long moment qui attend Sophie Adenot : « En général, on a coutume de dire que la rééducation dure à peu près la durée de la mission et même parfois un peu plus. Les astronautes, on va les voir, quand ils sortent, ne peuvent pas se mettre debout. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















