Identifié puis arrêté après deux semaines de recherches, un homme a été jugé pour « voyeurisme » dans les toilettes de l’aéroport de Toulouse-Blagnac devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Une étudiante l’accusait d’avoir voulu filmer son intimité. Faute d’éléments probants, son défenseur, Me Brice Zanin, réclame sa relaxe.
Que faisait Denis dans les toilettes des dames de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le jeudi 24 septembre ? Ce garçon de 26 ans, fatigué par ses addictions diverses, ne se souvient plus. Sa voisine l’a pourtant surpris téléphone à la main au-dessus de la séparation des toilettes. En train de filmer son intimité ? Cette étudiante en est convaincue.
Bloqué par le frère de la jeune femme alerté par ses cris, Denis a réussi à s’échapper. Les enquêteurs de la police aux frontières ont diffusé son signalement et ce Toulousain, vieille connaissance de la police, a finalement été interpellé jeudi dernier, le 1er octobre.
En garde à vue, pas grand-chose à dire. Et sur son téléphone pas d’images de la jeune fille, ou d’autres personnes surprises dans les toilettes. « Ce dossier est vide de preuves et d’éléments », annonce Me Brice Zanin devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Son client a été renvoyé devant ses juges après un week-end en détention. La faute à un casier illustré de multiples mentions, entre vol et implications diverses dans la drogue et ses dérives. « Je veux changer », affirme le prévenu.
Six mois requis : « Où sont les preuves » dénonce la défense
Loin d’être convaincue par cette volonté, et en appui de la victime représentée par Me Marine Schattel, la procureure Céline Pages requiert six mois de détention. « Mais on ne peut pas condamner sur les seules déclarations de la victime », s’agace Me Zanin.
L’avocat de la défense énumère l’un après l’autre les manques du dossier : « Pas de photo sur le téléphone mais on ne vérifie même pas si les lieux permettent cette captation d’image. On n’interroge pas non plus le frère de la victime. Et on vous parle des toilettes pour femmes mais c’est surtout celle des handicapés. A-t-on un plan ? Non plus… Et la perquisition ? Rien trouvé non plus ! »
Après un court délibéré, le tribunal a retenu les arguments de la défense et relaxé Denis. Une première pour lui.
















