La préfecture des Hautes-Pyrénées a autorisé l’unité de méthanisation agricole Méthavert 65 à Oursbelille. Le projet, capable de traiter près de 25 000 tonnes de matières par an, est encadré par plusieurs obligations environnementales. L’ADRISE poursuit toutefois son analyse, notamment sur la proximité d’un captage d’eau potable.
Le projet d’unité de méthanisation agricole porté par la société Méthavert 65 à Oursbelille vient d’être validé par les services de l’État. Par un arrêté signé ce lundi 27 juillet, la préfecture des Hautes-Pyrénées a donné son accord à l’exploitation de cette installation prévue au lieu-dit “Lannes”, route de Bazet. Une décision qui ouvre la voie à la réalisation du projet, tout en imposant un cadre réglementaire strict afin d’en limiter les impacts potentiels sur l’environnement et le voisinage. CC-BY-SA-3.0 / Thzorro77 / Wikimedia commons
Le futur méthaniseur pourra traiter jusqu’à 24 800 tonnes de matières organiques chaque année, soit 68 tonnes par jour. Parmi les intrants autorisés figurent notamment 9 500 tonnes de lisier de porcs et de fumier bovin, ainsi que 15 300 tonnes de cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE). Les digestats issus du processus de production de biogaz seront ensuite stockés sur des parcelles situées à Oursbelille et à Bazillac.
Cette autorisation intervient après une phase d’instruction au cours de laquelle plusieurs services de l’État ont été consultés, dont la Direction départementale des territoires (DDT), le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) et l’Agence régionale de santé (ARS Occitanie). La préfecture indique que le projet respecte les prescriptions applicables aux installations de méthanisation soumises au régime de l’enregistrement des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
Un suivi renforcé pour limiter les nuisances à Oursbelille
Si l’administration valide le principe de cette installation, elle accompagne sa décision de nombreuses obligations destinées à encadrer son fonctionnement. L’arrêté préfectoral prévoit notamment plusieurs contrôles après la mise en service afin de vérifier que l’activité reste conforme aux exigences environnementales.
Dans les six mois suivant le démarrage de l’exploitation, la société Méthavert 65 devra ainsi faire réaliser une étude sur les émissions d’odeurs et leur dispersion autour du site. Une campagne de mesures acoustiques devra également permettre de contrôler les niveaux sonores générés par l’installation, tandis que des analyses devront être menées sur les éventuels rejets aqueux.
Ces vérifications ne constituent pas les seules précautions prévues par la préfecture. Les matières susceptibles de provoquer des nuisances olfactives devront être stockées dans des conditions limitant leur exposition, notamment sous couverture lorsqu’elles ne sont pas en cours de manipulation. L’exploitant devra également assurer une surveillance régulière des réseaux de circulation des effluents afin de prévenir tout risque de pollution des sols ou des eaux.
La sécurité du site fait aussi partie des points encadrés par l’arrêté. Avant la mise en service, un dispositif de défense incendie devra être installé et validé par le SDIS. La société devra par ailleurs fournir un dossier attestant de la conformité des ouvrages réalisés avec le projet présenté à l’administration.
L’ADRISE alerte sur les enjeux liés au captage d’eau potable
La décision préfectorale ne met cependant pas fin aux inquiétudes exprimées localement. L’Association de Défense de l’Environnement, de la Biodiversité, de la Santé Publique et du Cadre de Vie (ADRISE) annonce poursuivre son analyse du dossier afin d’examiner les motivations de cette autorisation.
L’association indique souhaiter « comprendre comment la préfecture avait motivé sa décision » et reconnaît que l’arrêté « rappelle les textes applicables, les différentes consultations, les avis recueillis » et fixe des prescriptions concernant notamment « les nuisances, les rejets, la surveillance des conduites, le bruit ou encore la défense incendie ». Mais pour l’ADRISE, une interrogation demeure centrale : celle du choix du site d’implantation. L’association estime que l’arrêté « n’explique pas véritablement pourquoi un projet de cette nature peut être implanté à proximité immédiate d’un captage d’eau potable prioritaire alimentant plus de 12 000 habitants répartis sur 26 communes ».
Elle considère également que cette ressource stratégique est insuffisamment prise en compte dans la décision administrative, affirmant que « le captage d’eau potable d’Oursbelille est quasiment absent de la motivation de la décision ». L’association rappelle que la proximité de ce captage avait été au cœur des échanges lors de l’instruction, notamment dans les observations formulées par l’Agence régionale de santé, et souligne que le Syndicat mixte d’alimentation en eau potable Tarbes-Nord avait rendu un avis défavorable.
L’ADRISE indique poursuivre l’examen du dossier avec son avocate avant de décider des suites éventuelles à donner à cette affaire.














