La mairie de Toulouse a lancé l’expérimentation de sa future brigade de police anti-deal dans les quartiers Arnaud-Bernard et Saint-Aubin. En quelques semaines, les patrouilles à pied et à VTT ont déjà donné lieu à près de 200 interventions.
Promesse de campagne du maire réélu Jean-Luc Moudenc, la brigade de lutte contre les points de deal de Toulouse est déjà en phase d’expérimentation. Depuis quelques semaines, des policiers municipaux testent le dispositif dans les quartiers Saint-Aubin et Arnaud-Bernard.
« Nous sommes en phase de préfiguration », a annoncé l’édile lors de sa conférence de rentrée, jeudi 10 septembre. « L’objectif, c’est que la création soit finalisée au début de l’année 2027 à partir des essais que nous avons commencés. »
En quelques semaines, la police municipale a réalisé 199 interventions et 23 interpellations dans les deux quartiers concernés. Elle a également relevé 95 infractions liées à des arrêtés d’occupation du domaine public.
Des moyens concentrés sur les points de deal
« On avait des choses à tester avant de figer une organisation », a expliqué Emilion Esnault, adjoint au maire en charge de la sécurité. Les équipes cherchent notamment à valider les horaires et les méthodes de travail avant d’arrêter le format définitif de la brigade.
Cet été, quatre équipages, soit 12 policiers municipaux, ont notamment été mobilisés à pied et à VTT. L’hypothèse de 20 à 40 agents avait été évoquée durant la campagne des élections municipales.
Le dispositif doit permettre de concentrer des agents sur certains points de revente plutôt que de les répartir sur l’ensemble d’un secteur. Ils travailleront également avec un opérateur de vidéoprotection chargé de suivre les patrouilles et de signaler les transactions observées.
La future brigade va travailler en collaboration avec la police nationale et le parquet. Elle va pouvoir produire du renseignement, constater les faits, intervenir sur les flagrants délits et transmettre des informations à la police nationale pour mener des opérations judiciaires plus poussées.
Des points de deal qui se déplacent
À Arnaud-Bernard, les policiers municipaux ont notamment saisi 300 grammes de résine de cannabis, une cinquantaine de grammes de cocaïne et une cinquantaine de cachets de médicaments divers. Des quantités similaires ont été saisies à Saint-Aubin.
« Ce n’est pas tant la quantité qui doit impressionner, mais le déluge d’interpellations », estime Emilion Esnault. La municipalité veut harceler les vendeurs et entraver le fonctionnement des points de revente de rue.
Le dispositif a cependant une limite : un point de deal ne disparaît pas complètement après une opération, il est déplacé. Mais ce n’est pas une surprise pour l’élu en charge de la sécurité : « Ça veut dire qu’on arrive un petit peu à les faire courir et c’est l’objectif pour l’instant. »















