François Piquemal, tête de liste de “Demain Toulouse”, a prévu « un projet de refondation démocratique pour la ville ». RIC municipal, coopératives de quartier et transparence sont notamment au programme.
« Il est temps de remettre de l’ordre et de l’intégrité au sein du Capitole. Il faut y passer un coup de balai, le nettoyer de celles et ceux qui l’ont sali par tant d’affaires successives qui entachent la réputation de notre ville », déclare François Piquemal, tête de liste de “Demain Toulouse” aux Municipales. Il évoque notamment le renvoi devant la justice de l’ancien élu aux Festivités, Frédéric Brasilès, pour des accusations de viols, la condamnation en première instance pour dénonciation calomnieuse de l’ancienne adjointe aux Sports, Laurence Arribagé, ou encore la plainte d’Anticor pour détournement de fonds publics contre Jean-Luc Moudenc dans le cadre de la campagne de 2020. « Ce maire aura été le maire des affaires. Et ce conseil municipal ressemble en fait assez à une association de malfaiteurs », estime le candidat de La France insoumise et de ses alliés avant d’assurer qu’il sera « pour sa part, un maire exemplaire de ce point de vue-là et son équipe municipale également ».
Pour « garantir l’exemplarité » de la Mairie de Toulouse, il mettra donc en place « un système d’attributions de subventions, en coopération avec les associations et les acteurs luttant contre la corruption, qui soit clair et sur des critères transparents pour tout le monde ». « Ce sera la même chose pour les marchés publics, les délégations de services publics, les sondages financés par la collectivité ainsi que les frais des élus qui seront rendus publics », affirme François Piquemal. Le chef de file de “Demain Toulouse” compte réaliser « un audit citoyen des finances locales » pour que les habitants « puissent avoir une vision d’ensemble ». « Il portera sur les délégations de services publics et les partenariats public-privé », précise-t-il. Et ce ne sont pas les seules mesures imaginées pour « restaurer la confiance ». En effet, c’est tout « un projet de refondation démocratique pour la ville » que sa liste a prévu.
“Demain Toulouse” a travaillé à « une représentation plus équilibrée »
Elle veut ainsi « construire une représentation fidèle de tous les Toulousains ». Et ce, alors que « la démocratie représentative est en panne ». « Nous considérons que si l’abstention progresse autant, c’est parce que beaucoup de personnes ne se sentent plus du tout représentées par des élites qui font de la politique un métier depuis trop d’années. Or, pour nous, la démocratie, c’est éviter la professionnalisation de la politique, ne pas avoir toujours les mêmes personnes au pouvoir qui enchaînent et cumulent des mandats », considère Alice Cohen, colistière de François Piquemal, ancienne membre d’Archipel Citoyen et désormais dans le groupe “Démocratie en commun”. Sur la liste “Demain Toulouse”, « quelques personnes déjà élues » en côtoient donc d’autres qui ont « n’ont encore jamais exercé de mandat politique ». En plus de cela, elle a travaillé à « une représentation plus équilibrée ». « La démocratie représentative ne peut pas fonctionner si elle exclut une partie importante de la population », juge la colistière.
Ainsi, pour “Demain Toulouse”, « les classes populaires et moyennes doivent être représentées en proportion comparable à leur poids réel dans la population ». « Aujourd’hui, si on regarde le conseil municipal, il ne compte que 3% de personnes issues des classes populaires, contre 30% dans la population toulousaine, mais 68% des classes supérieures alors qu’elles ne représentent que 25% des personnes à Toulouse », relève Alice Cohen. « Un décalage » avec lequel LFI et ses alliés veulent rompre. « Sur notre liste, nous avons 29% de personnes issues des classes supérieures, 28% de classes moyennes, et 24% de classes populaires », détaille-t-elle avant d’ajouter : « Nous avons un équilibre beaucoup plus respectueux de la répartition de la population, sachant que, dans ces calculs-là, ne sont pas pris en compte les étudiants présents sur la liste, ainsi que les personnes demandeuses d’emploi ».
Coopératives de quartier et Référendum d’Initiative Citoyenne municipal
De même, François Piquemal certifie que “Demain Toulouse” « rassemble des candidates et candidats issus de l’ensemble des quartiers de la ville », notamment populaires. Une manière, aussi, de représenter les habitants, y compris « les populations invisibilisées » à qui il veut « donner la parole ». « Certains nous accusent de communitarisme. Le communitarisme consiste à cultiver l’entre-soi. Notre démarche est exactement l’inverse, nous défendons la diversité comme condition d’une démocratie plus forte », garantit le colistier Ahmed Dahrour. Il poursuit : « Qui mieux que celles et ceux qui vivent dans les quartiers populaires peuvent en connaître les réalités et contribuer à élaborer des politiques publiques adaptées ? Redonner la parole, ce n’est pas fragmenter la ville, c’est la rassembler ».
En ce sens, la liste de LFI et ses alliés, « qui veut co-construire plutôt qu’imposer », propose la création de coopératives de quartier qui « constitueront le cadre permanent de la démocratie locale ». Ces dernières seront ouvertes à toutes les personnes de plus de 16 ans vivant, étudiant ou travaillant dans l’un des 60 grands secteurs de Toulouse qui pourront ainsi « participer à construire la ville », que ce soit sur l’urbanisme, le logement, la mobilité, la sécurité ou les aménagements publics. « Ces coopératives garantiront que les habitants pourront soumettre des projets, mais aussi qu’ils soient consultés en amont, pendant et également après leur réalisation », informe Benoit Cazals, président du comité de quartier Papus-Tabar-Bordelongue, pour qui Toulouse va devenir « le vivier expérimental d’un nouveau processus démocratique ».
Enfin, François Piquemal et son équipe instaureront un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) municipal via une plateforme sécurisée, « un important levier pour engager la population et l’impliquer plus dans la ville de demain ». « Il est prévu dans la loi depuis 2003, mais est extrêmement peu utilisé. Entre 2020 et 2024, il y a eu environ 200 référendums locaux d’initiative citoyenne pour plus de 35 000 communes en France. Par contre, on peut noter qu’il y a souvent de très gros taux de participation, 30 à 40%, puisque les gens se sentent directement impliqués », souligne la colistière Madeleine Parpet qui rappelle que le RIC « n’est pas seulement consultatif », mais permet « un vrai pouvoir décisionnaire ». Les habitants pourront ainsi proposer des projets et donner leur avis sur des « grands projets structurants pour la commune », par exemple « la tour Occitanie, la jonction Est ou les grands programmes de démolition, notamment au Mirail ou à Matabiau ».





















