L’Uruguay se revendique désormais comme lieu de naissance du chanteur de tango mondialement connu au début du XXe siècle. Une commission de chercheurs latino-américains met en avant un document daté de 1920, dans lequel Carlos Gardel n’évoque pas du tout Toulouse.
Et si Carlos Gardel n’était pas né à Toulouse ? Le lieu de naissance du père du tango chanté, une immense star au début du XXe siècle, fait partie des **mystères d’une vie romanesque. Avec sa voix, sa carrière et sa mort brutale dans un accident d’avion en 1935 en Colombie, à seulement 44 ans, Carlos Gardel est devenu un mythe. Il est une figure incontournable en Argentine et en Amérique latine.
À tel point que l’Uruguay revendique désormais être son lieu de naissance. Depuis plusieurs années, tout converge vers Toulouse, avec une date : le 11 décembre 1890. Mais à Montevideo, une commission indépendante de spécialistes sud-américains (Comisión Gardel Rioplatense) a mis en avant début janvier un document daté du 8 octobre 1920, qui prouverait sa naissance à Tacaruembo en Uruguay.
Ce jour là, Carlos Gardel pousse la porte de l’ambassade d’Uruguay à Buenos Aires, où il réside. Dans un registre, il déclare être né le 11 décembre 1887 à Tacaruembo et que ses deux parents sont décédés. Un document « qui légalement vaut acte de naissance » estime Marcelo Martinez, un des membres de la Commission Gardel joint par ICI Occitanie. Selon lui, le registre retrouvé contient 1.000 autres noms d’Uruguayens : « Si on s’interroge sur le lieu de naissance de Gardel, il faut aussi le faire pour les 1.000 autres !«
Pourtant, à des milliers de kilomètres de là, l’état civil de Toulouse conserve l’acte de naissance, le 11 décembre 1890 à l’hôpital La Grave, de Charles Romuald Gardès, fils de Berthe, toujours vivante en 1920 alors qu’il la déclare décédée.
Car tout réside dans cette différence de nom : pour les Uruguayens, Gardès et Gardel sont deux personnes différentes.
Une « esbrouffe »
Deux personnes qui ne font qu’une pour Georges Galopa, le président des Gardeliens de Toulouse, qui voit une « esbrouffe » dans ce document uruguayen qu’il connaissait déjà.
Ce spécialiste du tango rappelle que dans son testament, le chanteur écrit être né Gardès, mais avoir utilisé Gardel, son nom de scène, comme nom d’usage pendant toute sa vie.
Georges Galopa s’appuie aussi sur une fiche de la police de Buenos Aires, en 1904, quand le petit Carlos est arrêté pour vagabondage : « Il avait 14 ans. Il avait déclaré s’appeler Gardès, être né à Toulouse de sa mère Berthe. Sur les empreintes digitales, celle du pouce de la main droite correspond au passeport argentin de 1923. Ceci a été vérifié par des experts« .
Le Toulousain ajoute que Tacaruembo n’existait pas sous ce nom là en 1887, année de naissance indiquée sur le registre de l’ambassade d’Uruguay. Selon Georges Galopa, Gardel a fait cette fausse déclaration en 1920 pour obtenir la nationalité argentine et ainsi éviter une condamnation en France, alors qu’il n’avait pas rejoint l’armée pour la guerre de 1914-1918.
Pour les Gardeliens de Toulouse, le doute n’est pas permis sur les origines occitanes du roi du tango, qui a quitté Toulouse pour l’Argentine à seulement deux ans et demi, avec sa mère. Après sa naissance, ils ont habité au 4, rue du Canon-d’Arcole, à Compans. Une plaque est apposée sur la maison, visible depuis la rue. Il existe aussi un bas-relief et une statue de Carlos Gardel près du Jardin japonais, toujours à Compans-Caffarelli.
Carlos Gardel – Por una cabeza (Video oficial)
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555




















