Ils sont des milliers dans ce cas, mais leur situation illustre la galère des nombreux touristes bloqués par le déclenchement de la guerre en Iran et l’annulation de très nombreux vols. Cette famille de Toulousains, partie vivre une année au Portugal, avait décidé de s’offrir deux semaines de vacances au Sri Lanka, au large duquel les États-Unis ont récemment torpillé un navire iranien.
Censés repartir ce lundi 2 mars au soir de Colombo en passant par Abou Dhabi (Émirats arabes unis) pour atterrir à Lisbonne (Portugal), où ils passent une année de césure, mardi matin, Francisco, Aurélie et leur fille de 4 ans et demi Evora ont été contraints de prolonger leur séjour sur place, sans véritable alternative.
« J’ai voulu aller au bureau de la compagnie Etihad à l’aéroport de Colombo, mais il était fermé. Seul le texte visible sur leur site Internet était affiché. Ils expliquent que l’on peut reprogrammer le vol jusqu’au 30 mars, une date qui a déjà évolué, ce qui est une fausse solution à court terme au vu de la situation actuelle. Sinon, ils proposent de rembourser la moitié du billet, qui nous avait coûté 3 000 euros, mais c’est alors à nous de trouver un moyen de repartir », raconte Francisco.
« Plus on attend, plus les prix flambent »
Conscient de ne pas être prioritaires par rapport aux personnes bloquées dans les pays du Golfe, ce quarantenaire Toulousain pointe surtout l’attitude des compagnies aériennes, qui selon lui, « profitent de la situation », alors qu’Etihad ne leur a pas proposé de prendre en charge un logement. « Nous avons de la chance car on a les moyens de payer l’hôtel, mais comment font les autres ? Certains ne savent que faire, et plus on attend, plus les prix flambent. On n’apporte aucune solution aux personnes en transit comme nous et ils en profitent pour augmenter les prix », témoigne-t-il, scandalisé.
Lors des premières heures après l’annulation de leur vol, la seule solution était ainsi un vol Air France à 16 000 euros par personne. Eux s’en sortent finalement à 6 000 euros à trois, « le moins cher disponible », avec un vol qui partait à minuit trente ce vendredi 6 mars au matin de Colombo pour rejoindre New Dehli, où ils vont passer deux nuits, après avoir réussi à obtenir des visas.
Un trajet Colombo-New Dehli-Kuala Lumpur-Lisbonne
« Ensuite, on prend un vol Air India pour Francfort, mais il survole l’Arabie saoudite, ce qui ne nous rassure pas, alors que beaucoup de compagnies privilégient l’Asie centrale… » Un stress dont ils ont pour l’instant réussi à protéger leur fille. « Si tout va bien, on devrait arriver au Portugal dimanche après-midi. Mais on ne sait pas s’il sera maintenu. »
Le père de famille craint par ailleurs que les compagnies du Golfe reprennent progressivement les vols « parce que leur survie économique en dépend », alors que la situation semble loin de se calmer dans la région. Mais il souhaite déjà pouvoir regagner New Dehli, afin de bénéficier d’un hub aéroportuaire important et être capable de trouver une solution de repli.
Pour regagner leur domicile, certains touristes sont prêts à tout, comme ces Portugais croisés sur place qui vont faire un trajet Colombo-New Dehli-Kuala Lumpur-Lisbonne. Pour les autres, c’est l’attente à l’hôtel, scotchés à leur téléphone portable pour trouver une solution financièrement abordable.






















